Faut-il imposer un stage ou une amende aux parents d'un élève qui harcèle ?
· Éducation
Selon une étude Ifop pour l'association Marion La Main Tendue, publiée pour la journée nationale contre le harcèlement scolaire, 89 % des Français sont favorables à des obligations pour les parents des élèves harceleurs.
Le contexte
L'association Marion La Main Tendue a publié une étude Ifop en marge de la journée nationale contre le harcèlement scolaire, le 5 novembre. Les Français y réclament plus de fermeté : selon Sud Radio, 95 % jugent la réponse au harcèlement scolaire insuffisante, et trois sur quatre estiment que l'Éducation nationale n'en fait pas assez.
Parmi les mesures testées, 89 % des personnes interrogées soutiennent des obligations pour les parents, comme un stage de parentalité ou une amende. Elles sont 93 % à vouloir un suivi psychologique obligatoire pour les élèves auteurs, 91 % à approuver des sanctions disciplinaires jusqu'à l'exclusion et 84 % des poursuites pénales. La médiation convainc moins : seulement 30 % y sont tout à fait favorables.
La loi Balanant de 2022 a fait du harcèlement scolaire un délit, passible de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Selon un bilan des ministères de la Justice et de l'Éducation nationale relayé par Sud Radio en novembre 2025, les parquets avaient recensé plus de 10 100 affaires entre mars 2022 et fin 2024. Plus de 600 poursuites pénales ont été engagées et 4 200 mesures alternatives prononcées, comme des rappels à la loi ou des stages de sensibilisation.
Les arguments pour
- Trop de harceleurs échappent à toute sanction Selon l'Ifop, cité par Sud Radio en 2025, 60 % des harceleurs disent n'avoir jamais été sanctionnés. Imposer un stage ou une amende aux parents garantirait au moins une réponse visible quand l'enfant n'est pas puni.
- Les obligations pour les parents sont presque aussi soutenues que les sanctions contre les élèves Dans l'étude Ifop publiée pour la journée du 5 novembre, 89 % des personnes interrogées soutiennent des obligations pour les parents, comme un stage de parentalité ou une amende, soit presque autant que les sanctions disciplinaires contre les élèves auteurs (91 %).
Les arguments contre
- La loi punit déjà les harceleurs eux-mêmes Depuis la loi Balanant de 2022, le harcèlement scolaire est un délit passible de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Plus de 600 poursuites pénales ont été engagées depuis, et 4 200 mesures alternatives prononcées, comme des rappels à la loi, des stages de sensibilisation ou des interdictions de contact.
- Mieux vaut cibler l'enfant que ses parents La mesure la plus soutenue de l'étude Ifop est le suivi psychologique obligatoire des élèves auteurs (93 %), qui agit directement sur le comportement de l'enfant.
Sources
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