Approuvez-vous la grève de la CGT chez TotalEnergies pour obtenir 200 euros de plus par mois ?

· Travail et protection sociale

La CGT a appelé jeudi 8 octobre à une grève de 24 heures sur tous les sites de TotalEnergies en France pour réclamer une hausse générale des salaires de 200 euros par mois.

Pistolet de pompe à carburant vert inséré dans la trappe à essence d’une voiture, dans une station-service floue en arrière-plan.
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Le contexte

Jeudi 8 octobre au matin, des salariés de TotalEnergies ont commencé à bloquer les expéditions de carburants dans plusieurs raffineries, selon la CGT. Le syndicat cite La Mède, Donges, Grandpuits et Gonfreville-l’Orcher, près du Havre, ainsi que le dépôt pétrolier de Toulouse. L’appel à la grève de 24 heures visait tous les sites du groupe en France.

La CGT réclame une hausse générale de 200 euros par mois et un salaire de base au moins égal à 1,2 fois le Smic. Elle dénonce des effectifs tendus, des départs non remplacés et le recours à l’intérim, et estime que certains salaires sont rattrapés par le Smic. Le syndicat met en regard le bénéfice net du groupe, environ 10 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 73 % sur un an. La direction a proposé une avance sur prime de 1 000 euros, jugée insuffisante par les grévistes.

Deux bilans très différents

Selon la CGT, la moitié des salariés étaient en grève et 27 stations Argedis, la filiale qui gère surtout des stations d’autoroute, ne vendaient plus de carburant. La direction parle de 2 % de grévistes et de 11 stations bloquées, et assure continuer à approvisionner son réseau d’environ 3 200 stations. La CGT devait décider jeudi soir d’une éventuelle reconduction.

La CFDT n’a pas appelé à la grève. Elle préfère la négociation pour obtenir un meilleur partage des bénéfices.

Les arguments pour

  • Le groupe a gagné environ 10 milliards d’euros en six mois Le bénéfice net de TotalEnergies a progressé de 73 % sur un an au premier semestre 2026. Pour les grévistes, une hausse de 200 euros par mois reste modeste au regard de ces résultats, produits aussi par ceux qui font tourner les raffineries.
  • Des salaires de base se font rattraper par le Smic La CGT affirme que, dans certaines filières, les salaires stagnent au point d’être rejoints par le Smic, qui augmente avec l’inflation. Elle demande qu’aucun salaire de base ne descende sous 1,2 Smic, pour que l’ancienneté et la qualification paient encore.
  • Une prime versée une fois ne remplace pas une hausse de salaire La direction propose une avance sur prime de 1 000 euros. Une prime ponctuelle ne relève pas durablement la fiche de paie, contrairement à une augmentation qui compte chaque mois et pour les hausses futures.

Les arguments contre

  • Bloquer les carburants pénalise d’abord les automobilistes Les blocages ont touché les expéditions de quatre raffineries et vidé des stations d’autoroute, 11 selon la direction, 27 selon la CGT. Fin septembre, une station TotalEnergies de Quimper était déjà en rupture, selon une photo de l’AFP. Ceux qui ont besoin de leur voiture paient le prix d’un conflit interne à l’entreprise.
  • Négocier peut obtenir un meilleur partage sans bloquer le pays La CFDT, autre syndicat du groupe, n’a pas appelé à la grève et mise sur le dialogue social pour partager les bénéfices. La direction ne compte d’ailleurs que 2 % de grévistes, quand la CGT en revendique la moitié : la méthode ne fait pas l’unanimité parmi les salariés.

Sources

Sondage clos le .

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