Les gilets jaunes ont-ils raison d'appeler à une nouvelle journée de mobilisation le 31 octobre ?
· Politique et démocratie
Les gilets jaunes appellent à une journée pour « la défense des libertés publiques » le samedi 31 octobre, avec des sit-in devant l'Assemblée nationale et les mairies.
Le contexte
Le samedi 24 octobre, jour de contestation sociale, les gilets jaunes ont appelé à une nouvelle mobilisation le 31 octobre. Ils dénoncent « le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement, qu'ils accusent de « dérive autoritaire ».
Depuis les violences du 17 octobre, les restrictions se sont multipliées. Emmanuel Macron a annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées le 24 octobre, et des couvre-feux ont été prolongés dans certains quartiers. À la mi-journée du 24, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, faisait état de 135 interpellations et de 35 000 personnes sur la voie publique, sans incident majeur à cette heure-là.
Ce que dit le droit
Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, interrogé par Public Sénat, « en droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester » : une interdiction doit rester proportionnée et contrôlée par le juge administratif. Pour la CGT, Sophie Binet déplore un « tournant inquiétant » face à ces restrictions.
Rudy Manna, du syndicat Unsa Police, compare la situation des policiers à celle d'une équipe de rugby qui sort d'un match « avec beaucoup de blessés » : « on vous demande la semaine d'après d'y retourner ». Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de commerce et d'industrie, prévoit « des millions d'euros » de pertes pour les commerces qui ferment par crainte de débordements.
Les arguments pour
- Face à la multiplication des interdictions, défendre le droit de manifester mérite une journée dédiée Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, le droit n'admet pas d'interdiction générale de manifester : une interdiction doit rester proportionnée, sous le contrôle du juge administratif. Or Emmanuel Macron avait annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées le 24.
- Une colère qui n'est pas entendue doit pouvoir s'exprimer Les gilets jaunes estiment qu'« il y a une colère dans ce pays » qui n'est pas entendue, et dénoncent « le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement.
Les arguments contre
- Une semaine après les violences du 17 octobre, les policiers sont de nouveau mobilisés et éprouvés Rudy Manna, de l'Unsa Police, compare les policiers à une équipe de rugby qui sort d'un match « avec beaucoup de blessés » : « on vous demande la semaine d'après d'y retourner ».
- Les fermetures par crainte de débordements coûtent cher aux commerçants à l'approche des fêtes Plusieurs milliers de commerces devaient rester fermés le week-end du 24 octobre, selon la Chambre de commerce et d'industrie. Son président, Alain Di Crescenzo, prévoit « des millions d'euros » de pertes pour ce week-end et les suivants, alors que la fin d'année représente 40 % du chiffre d'affaires annuel des commerçants.
Sources
- En direct - Manifestations du 24 octobre : Laurent Nuñez annonce 135 interpellations à 13h, Europe 1 (2026)
- « En droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel, Public Sénat (2026)
- Manifestations du 24 octobre : « On espère vraiment qu'on va réussir à tenir le choc », confie le policier Rudy Manna, Europe 1 (2026)
- « Ce sont des millions d'euros qui seront perdus » : les commerçants face au coût des fermetures et des pillages, Europe 1 (2026)
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