Les gilets jaunes ont-ils raison d'appeler à une nouvelle journée de mobilisation le 31 octobre ?

· Politique et démocratie

Les gilets jaunes appellent à une journée pour « la défense des libertés publiques » le samedi 31 octobre, avec des sit-in devant l'Assemblée nationale et les mairies.

Deux manifestants de dos portant des gilets jaunes, au milieu d'un rassemblement dans une rue
Photo ev, Unsplash (licence Unsplash), Lyon, décembre 2018 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le samedi 24 octobre, jour de contestation sociale, les gilets jaunes ont appelé à une nouvelle mobilisation le 31 octobre. Ils dénoncent « le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement, qu'ils accusent de « dérive autoritaire ».

Depuis les violences du 17 octobre, les restrictions se sont multipliées. Emmanuel Macron a annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées le 24 octobre, et des couvre-feux ont été prolongés dans certains quartiers. À la mi-journée du 24, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, faisait état de 135 interpellations et de 35 000 personnes sur la voie publique, sans incident majeur à cette heure-là.

Ce que dit le droit

Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, interrogé par Public Sénat, « en droit, vous ne pouvez pas avoir une interdiction générale de manifester » : une interdiction doit rester proportionnée et contrôlée par le juge administratif. Pour la CGT, Sophie Binet déplore un « tournant inquiétant » face à ces restrictions.

Rudy Manna, du syndicat Unsa Police, compare la situation des policiers à celle d'une équipe de rugby qui sort d'un match « avec beaucoup de blessés » : « on vous demande la semaine d'après d'y retourner ». Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de commerce et d'industrie, prévoit « des millions d'euros » de pertes pour les commerces qui ferment par crainte de débordements.

Les arguments pour

  • Face à la multiplication des interdictions, défendre le droit de manifester mérite une journée dédiée Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, le droit n'admet pas d'interdiction générale de manifester : une interdiction doit rester proportionnée, sous le contrôle du juge administratif. Or Emmanuel Macron avait annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées le 24.
  • Une colère qui n'est pas entendue doit pouvoir s'exprimer Les gilets jaunes estiment qu'« il y a une colère dans ce pays » qui n'est pas entendue, et dénoncent « le mépris, le refus d'écouter, le mensonge et la répression » du gouvernement.

Les arguments contre

  • Une semaine après les violences du 17 octobre, les policiers sont de nouveau mobilisés et éprouvés Rudy Manna, de l'Unsa Police, compare les policiers à une équipe de rugby qui sort d'un match « avec beaucoup de blessés » : « on vous demande la semaine d'après d'y retourner ».
  • Les fermetures par crainte de débordements coûtent cher aux commerçants à l'approche des fêtes Plusieurs milliers de commerces devaient rester fermés le week-end du 24 octobre, selon la Chambre de commerce et d'industrie. Son président, Alain Di Crescenzo, prévoit « des millions d'euros » de pertes pour ce week-end et les suivants, alors que la fin d'année représente 40 % du chiffre d'affaires annuel des commerçants.

Sources

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