Faut-il geler les prestations familiales en 2027 pour réduire le déficit de la Sécu ?

· Travail et protection sociale

Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit de geler les prestations familiales et de recentrer l'allocation de rentrée scolaire.

Une main tient un billet de 100 euros.
Photo : Markus Spiske / Unsplash (licence Unsplash), Bayreuth (Allemagne), recadrée

Le contexte

Les parents qui touchent des allocations verraient leurs montants rester au niveau de 2026 si le projet du gouvernement est adopté. Le budget de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1er octobre et examiné en commission à l'Assemblée depuis le 12 octobre, prévoit de geler les prestations familiales et de recentrer l'allocation de rentrée scolaire. Les deux mesures doivent rapporter 1,1 milliard d'euros.

Le gouvernement veut ramener le déficit de la Sécurité sociale de 21,8 milliards d'euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027, ce qui suppose près de 10 milliards d'économies, selon Sud Radio. Les retraités sont aussi visés : seules les pensions inférieures à environ 1 260 euros par mois seraient revalorisées en janvier.

Ce que dénoncent les associations familiales

L'Union nationale des associations familiales (Unaf) chiffre le gel à environ 600 millions d'euros de moins pour l'ensemble des familles avec enfants. Le recentrage de l'allocation de rentrée scolaire coûterait de son côté environ 600 millions à des familles très modestes, dont près de la moitié sont monoparentales. Au total, l'Unaf estime que les budgets 2027 retireraient plus de 5 milliards d'euros aux familles, en pleine « crise historique » de leur pouvoir d'achat.

Le sujet divise au-delà de la gauche. L'an dernier, l'Assemblée avait supprimé un gel comparable avec les voix de LFI, de la Droite républicaine et du Rassemblement national, rappelle LCP.

Les arguments pour

  • Les familles ne seraient pas les seules à faire un effort Le gouvernement cherche près de 10 milliards d'euros d'économies et gèle aussi les retraites au-dessus d'environ 1 260 euros par mois. Épargner les prestations familiales obligerait à trouver ces sommes ailleurs, en demandant encore davantage aux autres.
  • Un gel maintient les aides à leur niveau au lieu de les couper Les familles continueraient de toucher en 2027 les mêmes montants qu'en 2026 : la mesure supprime la hausse annuelle, pas les aides elles-mêmes. Face à un déficit de 21,8 milliards d'euros, c'est un levier moins brutal qu'une baisse ou une suppression de prestations.

Les arguments contre

  • La hausse des prix rognerait la valeur réelle des allocations L'Unaf décrit une « crise historique » du pouvoir d'achat des familles. Sans revalorisation, chaque euro d'allocation achète un peu moins chaque mois, ce qui revient à une baisse déguisée pour des parents déjà sous pression.
  • Les familles les plus modestes et les parents seuls paieraient le plus Selon l'Unaf, le recentrage de l'allocation de rentrée scolaire, qui accompagne le gel, toucherait des familles très modestes, dont près de la moitié sont monoparentales. Pour ces foyers, la moindre baisse à la rentrée se répercute directement sur les achats de base.
  • Un mauvais signal au moment où les naissances reculent L'Unaf reproche au budget de ne rien proposer face au recul de la natalité. Réduire le soutien aux familles, même par un simple gel, enverrait le message inverse au moment où les naissances baissent.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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