Approuvez-vous que Gallimard passe au détecteur d'IA tous les manuscrits qu'il recevra dès 2027 ?

· Culture et médias

Selon France Inter, Antoine Gallimard a annoncé par courriel aux éditeurs de son groupe qu'à partir de janvier 2027, les textes reçus seront soumis à un détecteur d'intelligence artificielle.

Une pile de vieilles feuilles de papier posée sur une table
Photo Towfiqu barbhuiya, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

À partir de janvier 2027, les textes reçus par le groupe Gallimard passeront par un détecteur d'intelligence artificielle. Antoine Gallimard l'a annoncé par courriel aux éditeurs de son groupe, dans un message révélé par France Inter, rapporte ActuaLitté.

Ni le logiciel retenu ni les conséquences d'un résultat positif sur la publication d'un livre n'ont été précisés, et on ignore si les traductions seront concernées, note le site spécialisé.

L'annonce intervient après plusieurs soupçons d'usage de l'IA pendant la rentrée littéraire, dont l'affaire Thélyson Orélien. Son éditeur québécois, Boréal, a mis fin à leur collaboration après une expertise qui a relevé des « traces de balises d'IA » dans les métadonnées de versions de travail de son roman, selon Génération NT. L'écrivain nie un usage massif de l'IA et dit s'en être servi pour la recherche et la traduction.

Ces outils sont déjà utilisés ailleurs. Albin Michel se sert d'un logiciel de détection, sans faire de son verdict un critère décisif de publication, selon France Inter, cité par ActuaLitté. Le président de l'Académie Goncourt, Philippe Claudel, a précisé à France Info que les huit romans retenus pour le deuxième tour avaient été examinés avec le logiciel Pangram.

La fiabilité de ces détecteurs reste discutée. Le fabricant de Pangram reconnaît l'existence de faux positifs, et des évaluations indépendantes en ont mesuré jusqu'à environ 2 %, selon ActuaLitté.

Les arguments pour

  • Un contrôle dès la réception permet de trancher avant de s'engager avec un auteur Dans l'affaire Orélien, l'éditeur Boréal a mis fin à sa collaboration avec l'auteur après coup, quand une expertise a relevé des traces d'IA dans les métadonnées de versions de travail. Vérifier chaque texte à son arrivée permet de poser la question avant tout engagement.
  • Passer tous les textes au même outil évite de soupçonner un auteur en particulier Le contrôle ne dépend plus de l'intuition d'un éditeur face à un style inhabituel, puisque chaque texte passe par la même étape. Le jury Goncourt a procédé ainsi pour les huit romans de son deuxième tour.

Les arguments contre

  • Un détecteur peut accuser à tort un auteur qui a tout écrit seul Le fabricant de Pangram, l'outil utilisé par le Goncourt, reconnaît des faux positifs. Des évaluations indépendantes en ont mesuré jusqu'à environ 2 %, soit jusqu'à un texte sur cinquante écrit sans IA signalé à tort.
  • Les auteurs ignorent ce qu'ils risquent si leur texte est signalé Gallimard n'a précisé ni l'outil utilisé ni les suites d'un résultat positif. Un écrivain qui envoie son manuscrit ignore si un signalement peut entraîner un refus, et s'il pourra montrer ses versions de travail pour se défendre.

Sources

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