Françoise Degois a-t-elle eu raison de publier les messages privés d'Emmanuel Macron sans l'accord du président ?

· Culture et médias

La journaliste Françoise Degois publie dans un livre deux ans d'échanges privés avec Emmanuel Macron, sans lui avoir demandé son autorisation.

Une femme tient un smartphone à deux mains et tape un message.
Darya Ezerskaya / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Dans « Vous êtes tous trop durs avec moi » (Robert Laffont), la journaliste Françoise Degois, ancienne conseillère de Ségolène Royal, rend publics ses échanges par messagerie avec Emmanuel Macron. Le titre s'inspire de l'un de ces échanges, qui s'étirent sur deux ans. Selon l'AFP, le président a découvert trois jours avant leur publication que ces échanges allaient être divulgués.

Selon l'AFP, les messages vont de la dissolution de juin 2024 à l'ascension du Rassemblement national. Le président y défend sa dissolution, estimant que le RN « était prêt pour l'automne mais pas pour juin ». Il y écarte la nomination d'un Premier ministre de gauche et dit de Gabriel Attal : « On lui a trop donné. Tout le temps. Trop ».

Les réactions

Françoise Degois reconnaît ne pas avoir demandé l'autorisation du président. La ministre déléguée Sabrina Roubache, proche du couple présidentiel, a dénoncé une pratique « très bizarre », « pire » qu'une « trahison ». Elle ajoute que seuls « les grands naïfs » pensent que « les offs sont des offs ». Gabriel Attal a jugé que tout cela n'intéressait pas les Français. Un proche du président estime que les propos rapportés sont conformes sur le fond à ses déclarations publiques.

L'AFP rappelle qu'en 2016, sur le plateau de Mediapart, Emmanuel Macron assurait : « Je n'ai pas d'amis journalistes. Je ne fais pas de connivence, je ne fais pas de confidences. »

Les arguments pour

  • Ces messages éclairent des décisions qui ont engagé tout le pays Les échanges portent sur la dissolution de juin 2024, la stratégie face au RN et le refus d'un Premier ministre de gauche. Ce sont des choix d'un président en exercice, et les citoyens ont intérêt à savoir comment il les justifie en privé.
  • Un président qui se confie à une journaliste sait que ses propos peuvent sortir Même Sabrina Roubache, qui condamne la publication, estime que seuls « les grands naïfs » croient que les offs restent des offs. Emmanuel Macron savait qu'il écrivait à une journaliste.

Les arguments contre

  • Publier sans accord détruit la confiance qui permet aux sources de parler Françoise Degois reconnaît ne pas avoir demandé l'autorisation du président. Pour Sabrina Roubache, c'est « pire » qu'une « trahison ». Si des échanges privés peuvent finir dans un livre sans l'accord de leur auteur, les responsables publics se confieront moins aux journalistes.
  • Sur le fond, les messages ne disent rien de neuf sur la politique du président Selon un proche du président cité par l'AFP, les propos rapportés sont conformes sur le fond à ses déclarations publiques. Gabriel Attal, visé dans ces messages, a jugé sur BFMTV que tout cela n'intéressait pas les Français. Le livre exposerait alors des confidences sans servir l'information.

Sources

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