La France doit-elle mettre son veto si Viktor Orbán brigue la tête de l'ONU ?
· Europe et international
Selon le Wall Street Journal, les États-Unis encouragent l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán à se présenter au poste de secrétaire général de l'ONU.
Le contexte
Le 25 octobre, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis encouragent Viktor Orbán, ancien Premier ministre hongrois, à briguer le poste de secrétaire général des Nations unies. Un responsable du département d'État le décrit comme « le candidat conservateur idéal, dans la lignée du mouvement MAGA », selon BFMTV. Orbán s'est montré réceptif, tout en exprimant des réserves. Sa candidature n'est pas officielle.
Le mandat d'António Guterres se termine le 31 décembre. Pour l'emporter au Conseil de sécurité, un candidat doit réunir au moins 9 voix sur 15 sans veto d'un membre permanent, selon Presse-citron. Orbán pourrait compter sur huit voix, voire dix, et l'avenir de sa candidature dépendrait du Royaume-Uni et de la France, qui pourraient opposer leur veto, rapporte BFMTV. Le Wall Street Journal juge toutefois un veto peu probable : un candidat soutenu à la fois par les États-Unis, la Chine et la Russie n'est en général pas bloqué, selon Presse-citron.
Sept candidats sont déjà en lice, dont Rebeca Grynspan, Carolyn Rodrigues-Birkett et Rafael Grossi. Selon une tradition géographique pas toujours respectée, l'Amérique latine revendique cette fois le poste, et de nombreux pays souhaitent qu'une femme dirige l'ONU pour la première fois. Lors du dernier vote indicatif, aucun des sept candidats n'a échappé à un vote négatif de l'une des cinq grandes puissances, selon BFMTV.
Selon Presse-citron, une décision n'est pas attendue avant les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
Les arguments pour
- Un secrétaire général présenté comme le candidat d'un camp politique perd sa neutralité Selon le Wall Street Journal, un responsable du département d'État le présente comme « le candidat conservateur idéal, dans la lignée du mouvement MAGA ». Le chef de l'ONU doit pouvoir parler à tous les États membres, et un candidat présenté ainsi par une administration risque d'être vu comme le sien.
- D'autres candidatures répondent mieux aux attentes de nombreux pays L'Amérique latine revendique le poste cette fois, et de nombreux pays veulent une femme à la tête de l'ONU. Des candidates comme Rebeca Grynspan sont déjà en lice.
Les arguments contre
- La France s'opposerait à la fois à une majorité du Conseil et à Washington Orbán pourrait réunir huit à dix voix sur quinze selon le Wall Street Journal. Le veto passerait outre ce soutien et opposerait la France à l'administration Trump, qui pousse cette candidature.
- Écarter Orbán réduirait encore le nombre de candidats acceptables Lors du dernier vote indicatif, chacun des sept candidats a reçu un vote négatif d'une grande puissance. Écarter aussi Orbán laisserait moins d'options avant la fin du mandat de Guterres, le 31 décembre.
Sources
- « Le candidat conservateur idéal » : le Wall Street Journal affirme que les États-Unis poussent Viktor Orban à se présenter au poste de secrétaire général de l'ONU, BFMTV (Yahoo Actualités) (2026)
- Viktor Orbán, l'ancien Premier ministre hongrois, pourrait devenir le secrétaire général de l'ONU, Presse-citron (2026)
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