La France doit-elle sortir de l'OTAN ?
· Europe et international
Le nouveau programme présidentiel de La France insoumise prévoit de quitter immédiatement le commandement intégré de l'OTAN, puis l'organisation elle-même, par étapes.
Le contexte
Le programme de La France insoumise pour la présidentielle de 2027, dont LCP a détaillé les nouveautés le 6 novembre, reprend une idée de 2022 : un retrait « immédiat » du commandement intégré de l'OTAN, puis un retrait par étapes de l'organisation elle-même. Il ajoute deux points : protéger le Groenland et rejeter l'objectif de 5 % du PIB consacré à la défense, un « tribut » que le programme dit « exigé par les Etats-Unis ».
Selon Presse-citron, le texte prévoit aussi de nationaliser les entreprises de défense, dont ArianeGroup. D'après LCP, Jean-Luc Mélenchon y écrit que les États-Unis sont « un danger pour le monde entier », et le mouvement veut que la France prenne la tête du « camp de la paix ».
De Gaulle en 1966, Sarkozy en 2009
En 1966, le général de Gaulle a retiré le pays du commandement intégré de l'OTAN sans quitter l'Alliance, au nom de l'indépendance nationale et du contrôle de la dissuasion nucléaire. La France l'a réintégré en 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
L'OTAN n'a pas d'armée propre : ses moyens sont fournis par les États membres. Son article 5 prévoit la solidarité entre membres si l'un d'eux est agressé. Il a été invoqué pour la première fois après les attentats du 11 septembre 2001.
L'objectif de 5 % fixé à La Haye
Au sommet de La Haye, en juin 2025, les pays de l'Alliance ont promis d'investir 5 % de leur PIB dans leur sécurité à l'horizon 2035, dont au moins 3,5 % pour les dépenses militaires. Donald Trump avait salué une « grande victoire ». Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait jugé cet objectif « déraisonnable ».
Les arguments pour
- La France ne serait plus tenue par l'engagement de 5 % du PIB pris à La Haye En juin 2025, les alliés ont promis de consacrer 5 % de leur PIB à leur sécurité d'ici 2035, dont au moins 3,5 % aux dépenses militaires. Le programme refuse cette cible, qu'il présente comme un « tribut » réclamé par Washington. Hors de l'Alliance, cet engagement collectif ne s'appliquerait plus à la France.
- La France ne serait plus liée militairement aux États-Unis Pour Jean-Luc Mélenchon, les États-Unis sont « un danger pour le monde entier ». Sortir de l'OTAN romprait l'alliance militaire qui lie la France à Washington. Son programme critique aussi une Europe de la défense conçue comme un « pilier européen de l'Otan » et veut renforcer l'ONU.
Les arguments contre
- La France ne bénéficierait plus de la clause de défense mutuelle de l'OTAN L'article 5 du traité prévoit la solidarité des membres si l'un d'eux est agressé. Il a déjà servi après les attentats du 11 septembre 2001. Une France sortie de l'Alliance ne pourrait plus l'invoquer.
- Garder la dissuasion sous contrôle français n'exige pas de quitter l'Alliance En 1966, de Gaulle a quitté le commandement intégré sans sortir de l'Alliance, au nom de l'indépendance nationale et du contrôle de la dissuasion nucléaire. Ce précédent montre qu'on peut garder la main sur sa dissuasion en restant membre.
Sources
- Présidentielle 2027 : ce qui change dans le nouveau programme de Jean-Luc Mélenchon, LCP (2026)
- La France insoumise annonce vouloir sortir de l'OTAN et tourner le dos à 31 pays alliés, Presse-citron (2026)
- Il était une fois l'OTAN... Plus de 75 ans de solidarité stratégique, Cols bleus, ministère des Armées (2026)
- Les pays de l'Otan promettent de payer plus pour leur défense, Trump crie victoire, La Gazette France (AFP) (2025)
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