France 2 a-t-elle eu raison de diffuser au « 20 Heures » un reportage de 12 minutes, presque sans commentaire, sur les violences du 17 octobre ?

· Culture et médias

Les syndicats de France Télévisions dénoncent « Au cœur des violences », un document de 12 minutes diffusé le 18 octobre dans le « 20 Heures » de Laurent Delahousse.

Un plateau de télévision plongé dans la pénombre, avec des caméras et des projecteurs
Photo Konrad Weber, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le dimanche 18 octobre, au lendemain des violences et des pillages commis en marge des manifestations du 17 octobre, le « 20 Heures » de France 2 présenté par Laurent Delahousse a diffusé « Au cœur des violences ». Ce document d'environ 12 minutes montre une suite de scènes filmées pendant les violences, avec très peu de commentaire journalistique.

La CGT de France Télévisions a réagi dans un communiqué publié le 20 octobre. Elle parle de « propagande » et de « fascination pour la violence », estime que ce traitement ne respecte pas les exigences d'équilibre et de pluralisme du service public, et réclame la démission de l'équipe du 20 Heures du 18 octobre, Laurent Delahousse compris. Le syndicat précise que cette position ne reflète pas l'opinion de l'ensemble des journalistes du groupe.

La CFDT ne demande aucun départ. Elle juge que le reportage franchit une « ligne rouge déontologique », estime que ce traitement « fait le lit du RN » et de son obsession sécuritaire, et veut soulever le sujet en commission de déontologie. Selon ses calculs, moins de deux minutes sur 48, hors allocution présidentielle, ont été consacrées aux revendications des manifestants.

Ce que reconnaît la direction

Devant le médiateur du groupe, Philippe Corbé, patron de l'information de France Télévisions, a reconnu des erreurs. Selon lui, le reportage aurait dû être plus lisiblement distingué du journal dans le bandeau, et le montage comme le commentaire auraient dû apporter davantage d'informations contextuelles. Il a rappelé que Laurent Delahousse avait présenté le document comme une immersion, et il défend une écriture différente pour les longs formats du week-end.

Les arguments pour

  • Montrer les images presque sans commentaire laisse chacun juger par lui-même de ce qui s'est passé Le document montre les violences du 17 octobre presque sans commentaire journalistique. Laurent Delahousse l'avait présenté comme un document en immersion, et le patron de l'information de France Télévisions défend, pour les longs formats du week-end, une écriture différente de celle du journal.

Les arguments contre

  • Sans contexte, ces images donnent une vision partielle de la journée Le patron de l'information de France Télévisions reconnaît lui-même que le montage et le commentaire auraient dû apporter davantage d'informations contextuelles. D'après les calculs de la CFDT, moins de deux minutes sur les 48 du journal, hors allocution présidentielle, ont été consacrées aux revendications des manifestants. Le reportage sur les violences en durait à lui seul près de douze.
  • Ce traitement manque à l'équilibre et au pluralisme attendus du service public La CGT estime que ce traitement ne respecte pas les exigences d'équilibre et de pluralisme qui s'imposent à France Télévisions. La CFDT, sans demander de départ, parle d'une « ligne rouge déontologique » et veut saisir la commission de déontologie du groupe.

Sources

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