Un footballeur renvoyé devant la justice pour viol doit-il pouvoir continuer à jouer avant son procès ?

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Renvoyé devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine pour viol, ce qu'il conteste, Achraf Hakimi continue de jouer au PSG, qui le soutient au nom de la présomption d'innocence.

Le drapeau de coin sur la pelouse du Parc des Princes éclairé de nuit
Photo Chris Kursikowski, Unsplash (licence Unsplash) ; Parc des Princes, Paris ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le vendredi 30 octobre, Achraf Hakimi a marqué trois buts et fait deux passes décisives lors de la victoire du PSG au Havre (5-1). Le latéral marocain, vice-capitaine du club, devait porter le brassard le mardi 3 novembre à Villarreal, en Ligue des champions, en l'absence de Marquinhos, blessé, selon l'AFP.

Le joueur doit pourtant être jugé pour viol. Une jeune femme l'accuse de l'avoir violée le 25 février 2023, à son domicile de Boulogne-Billancourt. En février 2026, la juge d'instruction a ordonné son renvoi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, décision confirmée par la cour d'appel de Versailles puis, le 23 septembre 2026, par la Cour de cassation. La date du procès n'est pas fixée.

Hakimi nie les accusations et sa défense évoque une tentative d'extorsion, hypothèse que la partie civile rejette. En avril, il disait laisser faire ses avocats et la justice. Le PSG l'a soutenu tout au long de la procédure : sous contrat jusqu'en 2029, il apparaît dans les campagnes publicitaires du club, qui a invoqué en septembre la présomption d'innocence.

L'avocate de la plaignante, Me Rachel-Flore Pardo, estime que la lutte contre les violences sexuelles « n'a pas encore fait son chemin dans le monde du football masculin ».

Les arguments pour

  • Un joueur mis en cause reste présumé innocent jusqu'à son jugement Un renvoi devant une cour ne tranche pas la culpabilité : la Cour de cassation, qui ne se prononce pas sur ce point, a contrôlé l'application du droit et la régularité de la procédure. Le PSG invoque la présomption d'innocence pour préserver à son joueur « un environnement de travail serein », selon l'AFP.
  • Écarter un joueur sans date de procès revient à le sanctionner pour une durée inconnue Plus de trois ans et demi après les faits reprochés, la date de l'audience reste à fixer. Le joueur pourrait rester écarté longtemps sans qu'aucun tribunal ait statué.

Les arguments contre

  • Laisser jouer un joueur poursuivi pour viol donne l'impression que ces accusations comptent peu Pour Me Rachel-Flore Pardo, avocate de la plaignante, la lutte contre les violences sexuelles « n'a pas encore fait son chemin dans le monde du football masculin ». Maintenir un joueur poursuivi pour viol parmi les titulaires peut renforcer ce sentiment.
  • Garder un joueur poursuivi pour viol comme vice-capitaine et visage du club revient à prendre parti Le PSG ne se contente pas d'aligner Hakimi : il l'a maintenu vice-capitaine et l'a mis en avant dans ses campagnes publicitaires, selon l'AFP. L'écarter du terrain jusqu'au procès éviterait de l'exposer ainsi.

Sources

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