Faut-il taxer les aliments sucrés emballés contenant des additifs ?

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Le gouvernement annonce une taxe sur certains aliments sucrés dans son projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.

Gâteaux dans des barquettes transparentes en rayon de supermarché, photo d’illustration.
Ashoka Jegroo / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0, https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ ; recadrage 3:4 sous la même licence.

Le contexte

Le 1er octobre, lors de la présentation du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, le gouvernement a annoncé vouloir étendre la fiscalité des boissons sucrées à des aliments sucrés emballés contenant des additifs. Il en attend environ 300 millions d’euros de recettes. Ce montant est une prévision gouvernementale, pas une somme encaissée. L’annonce ne vaut pas adoption de la mesure.

Le périmètre compte : la question porte sur les produits décrits dans cette annonce, pas sur tous les aliments contenant du sucre. Le compte rendu consulté ne fournit ni barème détaillé ni liste exhaustive des produits concernés. Il ne permet donc pas de calculer le supplément payé pour un paquet de biscuits donné.

L’Organisation mondiale de la santé considère la fiscalité alimentaire comme un moyen d’agir sur les achats. Ses recommandations de 2024 examinent à la fois les taxes sur les aliments et boissons et les subventions rendant certains produits plus abordables. Le principe est d’utiliser les prix pour encourager une alimentation plus favorable à la santé. Cela ne démontre pas, à lui seul, l’efficacité du dispositif français annoncé.

Une analyse publiée en 2018 dans le Bulletin de l’OMS souligne que les taxes alimentaires peuvent absorber une part plus élevée des revenus des foyers modestes. Elle invite à examiner les bénéfices sanitaires et l’usage des recettes en regard de cette charge.

Le choix soumis au vote concerne le recours à une taxe sur ces produits. Son évaluation devra aussi tenir compte des aliments achetés en remplacement et de l’accès à des alternatives abordables. Une recette fiscale et une amélioration de la santé sont deux résultats distincts à mesurer.

Les arguments pour

  • Agir sur le prix au moment de l’achat Une taxe peut orienter les achats vers d’autres aliments ; l’OMS reconnaît les mesures fiscales parmi les outils de politique nutritionnelle.
  • Faire contribuer ces produits au financement collectif Les recettes attendues pourraient contribuer au financement de la Sécurité sociale ; le gouvernement les estime à 300 millions d’euros, sans garantie de rendement.

Les arguments contre

  • Une charge plus lourde dans les petits budgets Si la taxe est répercutée sur les prix, elle peut peser proportionnellement davantage sur les ménages modestes qui continuent d’acheter ces produits.
  • Rendre les alternatives moins chères Subventionner les aliments favorables à la santé constitue une autre option examinée par l’OMS, qui peut faciliter un changement d’achat sans renchérir le panier existant.

Sources

Sondage clos le .

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