Faut-il supprimer le changement d’heure saisonnier ?
· Société
La France hexagonale passera à l’heure d’hiver le 25 octobre 2026, malgré le projet européen de suppression du changement d’heure.
Le contexte
Dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, la France hexagonale passera à l’heure d’hiver : à 3 heures, il sera 2 heures. Ce rendez-vous est fixé par une règle européenne. La directive sur l’heure d’été prévoit une avance de soixante minutes du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d’octobre. Elle est toujours indiquée comme étant en vigueur sur EUR-Lex.
Le retour à une heure unique toute l’année a pourtant été envisagé. En mars 2019, le Parlement européen s’est prononcé pour la fin du changement saisonnier, avec un objectif de mise en œuvre en 2021. Ce calendrier n’a pas abouti. Le vote des eurodéputés ne suffisait pas à changer la règle applicable : le projet devait aussi faire l’objet d’un accord avec le Conseil, où siègent les États membres.
Supprimer les deux changements annuels ne dit pas quelle heure conserver. Rester à l’heure d’hiver toute l’année ferait, en été, commencer et finir la lumière du jour une heure plus tôt sur nos horloges qu’avec l’heure d’été. Conserver l’heure d’été toute l’année repousserait, en hiver, le lever et le coucher du soleil d’une heure par rapport à l’heure d’hiver actuelle. La durée réelle du jour resterait la même.
L’alternance permet donc de garder davantage de lumière en soirée l’été, puis de revenir à des matinées plus tôt éclairées sur l’horloge en hiver. En contrepartie, il faut décaler deux fois par an l’heure légale à laquelle s’organisent le travail, l’école et les rendez-vous. L’automatisation du réglage sur de nombreux appareils ne supprime pas ce déplacement des horaires par rapport au soleil.
Les pays voisins devraient aussi coordonner leur choix. Dans sa proposition de 2019, la commission des transports du Parlement européen demandait de prévenir les perturbations du marché intérieur si certains États conservaient l’heure d’été et d’autres l’heure d’hiver. La question posée ici porte sur la fin des bascules saisonnières, sans trancher entre les deux heures permanentes possibles. Les photographies sont des archives néerlandaises de 1978 montrant le réglage d’horloges pour le passage à l’heure d’été.
Les arguments pour
- Les horaires ne basculeraient plus deux fois par an. Une heure permanente supprimerait les deux décalages saisonniers de l’heure légale. Les horaires du travail, de l’école et des rendez-vous garderaient le même décalage par rapport au temps universel tout au long de l’année.
Les arguments contre
- L’alternance adapte la lumière aux saisons. L’heure d’été décale la lumière vers la soirée. Revenir à l’heure d’hiver avance ensuite le lever du soleil sur les horloges. Une heure permanente ferait perdre l’un de ces deux avantages, selon le régime retenu.
- Des choix nationaux différents compliqueraient les échanges. Si les pays voisins retenaient des heures permanentes différentes, les décalages horaires pourraient changer aux frontières. Le Parlement européen demandait dès 2019 une coordination pour éviter de perturber les transports et le marché intérieur.
Sources
- Passage à l’heure d’hiver, Service Public — Dila (2026)
- Directive 2000/84/CE du 19 janvier 2001 concernant les dispositions relatives à l’heure d’été, Parlement européen et Conseil — EUR-Lex (2001)
- Vers la fin du changement d’heure en 2021 ?, Parlement européen — commission des transports (2019)
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