Faut-il revaloriser les retraites moins vite que les prix en 2027 ?

· Économie et consommation

Le budget social proposé pour 2027 réserve la revalorisation automatique complète des pensions de base aux retraités sous un seuil de revenus.

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Le contexte

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre, propose une exception à la revalorisation annuelle des pensions de retraite. Il doit être examiné par le Parlement : aucune de ces nouvelles règles n’est encore acquise.

L’article 35 concerne les pensions versées par les régimes obligatoires de base. Pour déterminer qui conserve la hausse complète, il tient compte du total mensuel des pensions de la personne, y compris les retraites complémentaires et les pensions de réversion, au 31 décembre 2026. Jusqu’à 1 260 euros, la revalorisation prévue par le droit actuel serait maintenue. Une transition atténuerait l’effet du seuil jusqu’à 1 281 euros.

Au-dessus, le texte permettrait au gouvernement de fixer une hausse par décret, comprise entre le gel en euros et la revalorisation normale. En l’absence de décret, le coefficient serait fixé à un : la pension de base ne progresserait pas. Un décret ultérieur pourrait augmenter ce coefficient, éventuellement avec effet rétroactif au début de l’année. Cette disposition ne fixe pas elle-même la hausse des retraites complémentaires.

Un montant stable peut acheter moins de biens et de services si les prix montent. À titre d’exemple, avec une inflation hypothétique de 2 %, une pension gelée à 1 500 euros perdrait environ 30 euros de pouvoir d’achat mensuel par rapport à une hausse de 2 %. Ce calcul illustre le mécanisme ; il ne prédit ni l’inflation ni la décision finale.

Le gouvernement présente cette mesure comme une contribution au redressement des comptes sociaux, tout en protégeant les petites pensions. Le montant de retraite utilisé pour fixer le seuil ne mesure toutefois ni les loyers à payer, ni les dépenses de santé, ni le patrimoine du ménage. Deux personnes recevant la même pension peuvent donc avoir des budgets très différents.

Les arguments pour

  • Réduire la dépense sans augmenter les cotisations Une hausse plus faible des pensions de base freine les dépenses de retraite. Cet effort peut réduire le financement à trouver auprès des actifs, des employeurs ou par la dette.
  • Concentrer la protection sur les petites pensions Le projet conserve la revalorisation complète jusqu’à 1 260 euros de pensions mensuelles cumulées, avec une transition au-dessus. L’effort demandé serait donc différencié selon le niveau de retraite.

Les arguments contre

  • Une pension gelée perd du pouvoir d’achat Si les prix augmentent, une retraite maintenue en euros permet d’acheter moins. Les personnes concernées doivent absorber cette perte sur leurs dépenses courantes.
  • Le seuil ignore les charges du ménage Une pension supérieure au seuil ne garantit pas une grande marge financière. Un retraité locataire peut supporter des dépenses contraintes qu’un propriétaire recevant la même pension n’a pas.

Sources

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