Approuvez-vous que l'Europe continue de refuser le diesel russe malgré la flambée des prix à la pompe ?
· Europe et international
Après l'accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur le diesel russe, les ministres européens ont décidé le 12 octobre de maintenir leurs sanctions contre Moscou.
Le contexte
Le week-end du 10 et 11 octobre, Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine : la Russie doit écouler sur le marché américain et mondial 300 000 tonnes de diesel tout de suite, puis 500 000 tonnes en novembre et un million ensuite. Washington accorde en échange une large dérogation à ses propres sanctions sur le diesel russe, jusqu'en avril 2027. Volodymyr Zelensky y voit de l'argent supplémentaire pour financer la guerre.
L'Union européenne, elle, interdit toujours d'importer du pétrole brut et des produits pétroliers russes, y compris ceux raffinés dans des pays tiers à partir de pétrole russe. Réunis à Luxembourg le 12 octobre, les ministres européens des Affaires étrangères ont jugé l'accord « inquiétant » et maintenu leurs sanctions. Emmanuel Macron estime qu'il n'y a « aucune raison factuelle » de changer de position.
Le gazole au prix fort
En France, la flambée des carburants, liée à la guerre au Moyen-Orient, pèse sur le pouvoir d'achat. Le gouvernement a annoncé le 12 octobre qu'il vendrait aux distributeurs, à prix coûtant, 10 millions de barils de gazole puisés dans les stocks stratégiques, pour une baisse attendue de 12 à 18 centimes par litre à partir du 1er novembre. TotalEnergies plafonne de son côté le litre de gazole à 2,25 euros dans ses stations.
Pour le chercheur Romuald Sciora, de l'IRIS, l'accord américain aura de toute façon peu d'effet sur les prix à la pompe, car une grande partie de ce diesel part sur le marché international.
Les arguments pour
- Acheter du diesel russe, c'est financer l'effort de guerre de Moscou Les sanctions européennes visent l'économie de guerre russe. Volodymyr Zelensky a dénoncé l'accord américain comme de l'argent supplémentaire pour la guerre. Rouvrir le marché européen au diesel russe offrirait à Moscou de nouvelles recettes.
- Le diesel russe ne ferait pas vraiment baisser les prix Le chercheur Romuald Sciora juge l'effet de l'accord sur les prix à la pompe très limité. Le ministre lituanien des Affaires étrangères estime aussi qu'il ne profite pas aux prix des produits pétroliers. Céder sur les sanctions n'apporterait donc pas grand-chose aux automobilistes.
- Lâcher maintenant affaiblirait la position européenne face à Moscou La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, demande au contraire de renforcer la pression sur la Russie. L'UE vient d'ajouter plus de 1 600 personnes et entités à sa liste de sanctions, son plus gros élargissement.
Les arguments contre
- Les automobilistes et les professionnels paient le gazole au prix fort La flambée des carburants pèse sur le pouvoir d'achat, au point que l'État puise dans ses stocks stratégiques et que TotalEnergies plafonne le litre de gazole à 2,25 euros. Toute source d'approvisionnement supplémentaire mérite d'être étudiée quand le plein coûte aussi cher.
- Les États-Unis assouplissent leurs sanctions, l'Europe se prive seule Washington a accordé une large dérogation à ses sanctions sur le diesel russe jusqu'en avril 2027. Si le premier allié de l'Europe change de pied, les Européens risquent de supporter seuls le coût d'une politique que d'autres abandonnent.
Sources
- L'UE juge « inquiétant » l'accord Trump-Poutine et maintient ses sanctions contre la Russie, Euronews (2026)
- L'accord Trump-Poutine sur le diesel russe « entérine le lâchage de l'Ukraine par les États-Unis », affirme Romuald Sciora, Public Sénat (2026)
- Sanctions de l'UE contre la Russie, Conseil de l'Union européenne
- Le gouvernement assure que les prix du gazole baisseront « dès le 1er novembre », Sud Radio (avec AFP) (2026)
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