Approuvez-vous que des étudiants mobilisés organisent des cours ouverts à tous dans les écoles et universités qu'ils bloquent ?

· Éducation

À l'École normale supérieure, à Paris, des étudiants qui soutiennent le mouvement lycéen ont transformé leur blocage en conférences ouvertes à tous ; la direction estime que les conditions pour l'accepter ne sont pas réunies.

Des étudiantes et étudiants écoutent un cours, assis dans un amphithéâtre
Photo Vitaly Gariev, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration ; recadrée en 3:4

Le contexte

À l'École normale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm, à Paris, des étudiants qui soutiennent le mouvement lycéen bloquent l'établissement depuis début octobre, et toujours au 21 octobre selon l'AFP. Ils ont transformé ce blocage en « université populaire » : des conférences ouvertes à tous, organisées par les étudiants eux-mêmes, selon un reportage de l'AFP publié le 21 octobre.

Au programme figurent notamment une conférence d'Étienne Balibar, une intervention sur la rhétorique d'Emmanuel Macron et une autre sur l'« écologie sensorielle ». L'économiste Arthur Jatteau, enseignant à Nanterre, y a parlé du « chantage à la dette » devant quelques dizaines de normaliens. Les organisateurs disent s'inspirer de l'université expérimentale de Vincennes, créée après Mai 68.

Des initiatives semblables existent à l'université Paris Cité, où des cours se tiennent sur le trottoir devant un de ses bâtiments, ainsi qu'à Nanterre, à Créteil et à la Sorbonne Nouvelle. Pour Marie, étudiante en sciences sociales rencontrée à l'université populaire de Paris Cité, la formule « permet de créer des activités et de ramener des gens » au blocage.

La position de la direction de l'ENS

La direction de l'ENS juge que l'université populaire « n'est acceptable que si elle s'inscrit dans le cadre » de l'école, c'est-à-dire sans occupation des locaux et dans le respect des règles prévues pour les activités associatives et les intervenants extérieurs. « En l'état, ces conditions ne sont pas respectées », estime-t-elle, en demandant une adaptation qui permette la réouverture complète de l'établissement.

Les arguments pour

  • Le blocage devient un lieu de cours et de débats plutôt qu'une simple fermeture Les étudiants y accueillent des conférences ouvertes à tous, avec notamment un économiste, un enseignant en sociologie et Étienne Balibar. À Paris Cité, deux étudiantes sont venues par curiosité, selon le reportage de l'AFP.
  • Les étudiants choisissent eux-mêmes les sujets et les intervenants de leurs cours « C'est une université par les étudiants et pour les étudiants », explique un normalien. Les organisateurs disent s'inspirer de l'université de Vincennes, née après Mai 68. Le format permet d'aborder des sujets d'actualité : l'économiste Arthur Jatteau y a dénoncé le « chantage à la dette ».

Les arguments contre

  • L'école ne peut pas rouvrir complètement tant que dure l'occupation La direction de l'ENS accepte l'idée seulement sans occupation des locaux, et estime qu'« en l'état, ces conditions ne sont pas respectées ». Elle demande une adaptation qui permette la réouverture complète de l'école, donc la fin de l'occupation des locaux.
  • Les universités populaires servent aussi à prolonger le blocage L'enseignant en sociologie David Gaborieau dit intervenir pour « continuer à réfléchir dans le mouvement et pour le mouvement ». Marie, rencontrée à l'université populaire de Paris Cité, explique que la formule « permet de créer des activités et de ramener des gens » au blocage.

Sources

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