Les entreprises françaises encore présentes en Russie doivent-elles en partir ?
· Europe et international
Vladimir Poutine a placé sous « gestion temporaire » les actifs russes du groupe français Tarkett et de quatre autres entreprises européennes, un mois après ceux d'Auchan.
Le contexte
Le 15 octobre, Vladimir Poutine a signé un décret plaçant sous « gestion temporaire » les actifs russes de cinq groupes européens, dont le français Tarkett, spécialiste des revêtements de sol, et le belge Ontex, rapporte Presse-citron. Tarkett en reste juridiquement propriétaire, mais ne peut plus prendre de décisions de gestion sur place. Selon Presse-citron, le pouvoir russe présente cette mesure comme une riposte au soutien des gouvernements européens à l'Ukraine.
Selon le média russe RBC, cité par La Nouvelle Tribune, la société chargée de gérer ces actifs appartient à Marat Mirkhaidarov, ancien vice-gouverneur de la région de Zabaïkalsk. Le journal précise qu'il « a également pris part à la guerre en Ukraine ». La Nouvelle Tribune ajoute qu'une gestion temporaire ne signifie pas automatiquement une nationalisation définitive.
Le précédent de septembre
Le 17 septembre, un décret avait déjà transféré à titre « provisoire » à la société russe LEV Management les actifs des filiales russes d'Auchan et de Nestlé, ainsi que ceux de Lemana Pro, l'ex-Leroy Merlin, dont Adeo avait cédé les actifs russes à son management local en 2023, rapporte Major Prépa. Auchan, qui avait choisi de rester en Russie après l'invasion de l'Ukraine, « emploie 33 000 personnes et exploite 241 magasins, dont 61 hypermarchés en Russie », selon Major Prépa. Les ministères français de l'Économie et des Affaires étrangères ont dénoncé une « mise sous administration provisoire sans justification ».
Les arguments pour
- Leurs filiales peuvent passer sous contrôle russe par simple décret Après Auchan en septembre, Tarkett a perdu en octobre le contrôle de ses actifs russes. Les actifs de Danone, placés sous gestion temporaire en juillet 2023, ont été vendus à un investisseur local deux mois après la levée du décret, intervenue en mars 2024, rapporte Presse-citron.
- Leur présence contribue à l'effort de guerre russe En mars 2022, devant les parlementaires français, le président ukrainien Volodymyr Zelensky lançait : « Les valeurs sont plus précieuses que les bénéfices ». Le président du Sénat, Gérard Larcher, appelait à « ne pas en quelque sorte contribuer à cet effort de guerre des Russes », rapportait Public Sénat.
Les arguments contre
- Un départ risquerait d'enrichir l'État russe En mars 2022, Philippe Zimmermann, directeur général d'Adeo, maison mère de Leroy Merlin, redoutait qu'une fermeture ouvre la voie à une « expropriation qui renforcerait les moyens financiers de la Russie », rapportait Public Sénat.
- Partir ne pèserait pas forcément sur Moscou En mars 2022, Emmanuel Macron estimait qu'une sortie « laisse une emprise qui de toute façon continue à tourner ». « Est-ce qu'on fait plus souffrir la Russie et ses dirigeants ? Je ne suis pas sûr », ajoutait-il, selon Public Sénat. Sa position était alors de « laisser libres les entreprises de décider pour elles-mêmes ».
Sources
- Vladimir Poutine saisit les actifs d'une nouvelle entreprise française après les supermarchés Auchan, Presse-citron (2026)
- Russie : Poutine confie les actifs de cinq groupes occidentaux à un ex-combattant en Ukraine, La Nouvelle Tribune (2026)
- Guerre en Ukraine : la Russie saisit les actifs russes d'Auchan, de Lemana Pro et de Nestlé, Major Prépa (2026)
- Partir ou se maintenir ? Une équation difficile à résoudre pour les entreprises françaises en Russie, Public Sénat (2022)
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