Les entreprises doivent-elles augmenter les salaires sans attendre une baisse des cotisations patronales ?

· Économie et consommation

Avant la conférence sociale du 9 novembre, le patronat juge difficile un effort sur les salaires sans allègement de la fiscalité qui pèse sur le travail.

Des ouvrières en blouse bleue travaillent sur une chaîne de montage dans un grand atelier.
Remy Gieling / Unsplash (licence Unsplash), usine en Israël, photo d'illustration, recadrage 3:4

Le contexte

Le pouvoir d'achat des Français a reculé de 0,7 % en 2025 et pourrait encore baisser de 0,6 % en 2026 si la tendance du deuxième trimestre se maintient, selon l'Insee : la reprise de l'inflation n'est pas entièrement compensée par la hausse des salaires et des prestations. D'après la Commission européenne, citée par l'AFP, les salaires réels en France devraient rester en 2026 2,4 % sous leur niveau de 2019, contre une progression de 1,4 % dans l'Union européenne.

La journée de grève du jeudi 5 novembre portait sur les salaires et le pouvoir d'achat. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé le même jour une conférence sociale avec les syndicats et le patronat, prévue le 9 novembre à Matignon. Le Smic figurera parmi les sujets abordés.

Les positions avant la conférence

Selon le Journal du Net, le patronat estime qu'il « est difficile de faire un effort sur les salaires sans alléger la fiscalité qui frappe le travail ». Pour les PME notamment, il fait valoir qu'une hausse exposerait leur trésorerie et les investissements nécessaires à leur développement. En échange d'une éventuelle hausse du Smic, le patronat pourrait demander le dégel des allègements de charges sur les bas salaires et un allègement de cotisations pour l'emploi des jeunes.

Côté syndicats, la CGT demande une hausse de 10 % du Smic et une indexation plus large des salaires sur les prix ; la CFDT réclame 100 euros net de plus par mois sur le Smic.

Les arguments pour

  • Les salaires réels restent sous leur niveau de 2019 Selon la Commission européenne, les salaires réels en France devraient rester en 2026 2,4 % sous leur niveau de 2019, contre une hausse de 1,4 % dans l'Union. Les entreprises qui en ont les moyens peuvent rattraper ce retard sans attendre un geste de l'État.
  • Le pouvoir d'achat devrait encore reculer en 2026 L'Insee anticipe un nouveau recul de 0,6 % si la tendance se maintient, parce que la hausse des salaires et des prestations ne compense pas entièrement la reprise de l'inflation. Conditionner chaque hausse à une baisse des cotisations repousse l'effort à la fin d'une négociation qui peut durer.

Les arguments contre

  • Une hausse sans contrepartie fragiliserait la trésorerie des PME Selon le Journal du Net, le patronat estime que, pour les PME notamment, une hausse des salaires exposerait leur trésorerie et les investissements indispensables à leur développement. Sans contrepartie, certaines devraient reporter ces investissements.
  • Alléger les cotisations limiterait le coût d'une hausse des salaires Le patronat devrait demander, en échange d'une éventuelle hausse du Smic, le dégel des allègements de charges sur les bas salaires : il juge difficile d'augmenter les salaires sans alléger la fiscalité qui frappe le travail. Moins de cotisations limiterait la hausse du coût du travail pour les employeurs.

Sources

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