Le repreneur de Duralex devrait-il rembourser les particuliers qui avaient investi dans la verrerie en 2025 ?
· Économie et consommation
Le tribunal de commerce d'Orléans a confié Duralex à la holding Tomé de Cédric Meston le 14 octobre ; le repreneur ne promet aucun remboursement aux 10 523 particuliers qui avaient investi environ 7 millions d'euros dans la coopérative.
Le contexte
Le 14 octobre, le tribunal de commerce d'Orléans a retenu l'offre de la holding Tomé, de l'entrepreneur Cédric Meston, pour reprendre la verrerie Duralex. Xavier Niel est associé au projet par l'intermédiaire de NJJ Capital. Le plan de financement s'élève à 16 millions d'euros, dont 6 millions de soutiens publics (prêts de la Région Centre-Val de Loire et d'Orléans Métropole, financements de l'État). L'offre conserve 155 emplois sur environ 220 à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret.
L'entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années. La reprise par les salariés en coopérative (Scop), en 2024, n'a pas suffi à la remettre à flot.
La collecte de 2025
En novembre 2025, la Scop avait lancé une collecte sur la plateforme Lita pour moderniser l'usine et développer de nouveaux produits. L'argent devait notamment servir à acheter de nouvelles machines et à remettre le site aux normes. Plus de 20 000 personnes avaient promis près de 20 millions d'euros en 48 heures. La collecte définitive a réuni 10 523 particuliers, qui ont versé environ 7 millions d'euros, avec un plafond de 1 000 euros par personne et une mise moyenne de 372 euros. Ils ont reçu des titres participatifs rémunérés à 8 % brut par an sur sept ans, sans garantie ni sur le capital ni sur les intérêts.
Ces titres ont été émis par la Scop, qui en reste débitrice. Selon le Journal du Geek, la Scop doit être liquidée, et ses autres dettes passeront avant les porteurs de titres. Dans un courrier aux investisseurs, Cédric Meston écrit qu'il ne peut pas leur promettre de remboursement. Il leur propose une visite de l'usine et des produits Duralex et Tupperware d'une valeur proportionnelle à leur mise.
Les arguments pour
- Leur argent devait moderniser l'usine que récupère le repreneur La collecte de 2025 devait financer de nouvelles machines et la remise aux normes du site de La Chapelle-Saint-Mesmin, que reprend Tomé. Les titres restent pourtant une dette de la Scop.
- Une visite et des produits ne compensent pas l'argent investi Cédric Meston propose une visite de l'usine et des produits d'une valeur proportionnelle à leur mise, qui était en moyenne de 372 euros pour une rémunération annoncée de 8 % brut par an. Des produits en nature ne valent pas un remboursement pour qui attendait de récupérer son épargne.
Les arguments contre
- Le risque de tout perdre était annoncé dès le départ Dès le lancement de la collecte, la plateforme Lita avait prévenu que ni le capital ni les intérêts n'étaient garantis. Le remboursement dépendait de l'évolution de l'activité de Duralex.
- Le repreneur n'est pas l'émetteur des titres Les titres participatifs ont été émis par la coopérative, et non par le nouveau propriétaire de l'usine. Leur remboursement relève de la liquidation de la Scop, où d'autres créanciers sont prioritaires selon le Journal du Geek.
- Rembourser 7 millions pèserait lourd face à un plan de 16 millions L'offre retenue conserve 155 emplois et repose sur un plan de financement de 16 millions d'euros, dont 6 millions de soutiens publics. Rembourser les 7 millions collectés en 2025 représenterait près de la moitié de ce plan.
Sources
- Les 10 523 Français qui ont investi 7 millions d'euros dans Duralex ne reverront jamais leur argent, voici pourquoi, Journal du Geek (2026)
- Fin du suspens pour la verrerie Duralex qui attend son sauveur, Sud Radio (AFP) (2026)
- Duralex collecte près de 20 millions d'euros d'intentions d'investissement en 48h, Banque des Territoires (2025)
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