L'État doit-il mettre de l'argent public pour sauver la verrerie Duralex ?

· Travail et protection sociale

Le tribunal de commerce d'Orléans rendra le 14 octobre sa décision sur la reprise de Duralex, en redressement judiciaire pour la cinquième fois en une vingtaine d'années.

Des verres à eau transparents empilés sur une étagère.
Photo Janet Ganbold / Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration sans lien avec la marque, recadrée en 3:4

Le contexte

Duralex, c'est la vaisselle en verre réputée incassable. L'entreprise, installée à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, a pourtant été placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise par ses salariés réunis en coopérative.

Le tribunal de commerce d'Orléans a examiné lundi 12 octobre deux offres de reprise et rendra sa décision le 14 octobre. Le groupe stéphanois Carlesimo propose de garder 129 salariés sur environ 220. La holding Tomé, de l'entrepreneur Cédric Meston, soutenue par Xavier Niel, en garderait 155. Elle mobiliserait au moins 16 millions d'euros, en partie sur ses fonds propres, avec des prêts des collectivités locales pour la performance énergétique et un soutien de l'État.

Le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, assure que l'État est mobilisé aux côtés des élus locaux, et Bercy juge les deux offres « intéressantes ». La nouvelle directrice générale, en poste depuis avril, affirme que la trésorerie a été multipliée par huit depuis le changement de direction. En parallèle, le parquet d'Orléans mène une enquête, dont il n'a pas précisé l'objet, et des perquisitions ont eu lieu le 3 septembre.

Les arguments pour

  • Un soutien public peut sauver 26 emplois de plus L'offre de Tomé, qui s'appuie sur des prêts des collectivités et un soutien de l'État, garderait 155 salariés, contre 129 pour l'offre concurrente. Selon le représentant CFDT, elle est la plus avantageuse sur le plan financier et social, et ce serait la « dernière chance » de l'usine.
  • Garder une marque de vaisselle fabriquée en France La direction de Duralex revendique une aventure « Made in France ». Laisser disparaître l'entreprise reviendrait à perdre une marque emblématique et le savoir-faire industriel de ses quelque 220 salariés.
  • L'entreprise montre des signes de redressement La directrice générale, Peggy Sadier, affirme que la trésorerie a été multipliée par huit depuis l'arrivée de la nouvelle direction en avril. Une aide pour passer le cap de la reprise n'irait donc pas à une entreprise sans avenir.

Les arguments contre

  • Après cinq redressements en vingt ans, rien ne garantit le succès d'une nouvelle reprise Duralex est en redressement judiciaire pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise en coopérative. Rien ne garantit que de nouvelles aides publiques changeront durablement la situation.
  • Des repreneurs privés se positionnent, à eux de prendre le risque Le groupe Carlesimo, présenté comme un projet d'industriels de longue date, a lui aussi déposé une offre que Bercy juge intéressante, et la holding Tomé est soutenue par le milliardaire Xavier Niel. Quand des investisseurs privés sont sur les rangs, l'argent public pourrait servir ailleurs.

Sources

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