Les droits TV de la Ligue 1 doivent-ils être vendus en un seul lot à un seul diffuseur ?

· Culture et médias

Le conseil d'administration de la LFP est appelé à se prononcer le 21 octobre sur un appel d'offres regroupant tous les matchs de Ligue 1 en un lot unique, pour la période 2027-2032.

Une caméra de télévision sur trépied filme un match de football de nuit, sous les projecteurs
Photo julio Galvao, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le conseil d'administration de la Ligue de football professionnel est appelé à se prononcer ce mercredi 21 octobre sur la recommandation d'Olivier Bramly, directeur général de LFP Médias : remettre en vente les droits de la Ligue 1 pour le cycle 2027-2032, deux ans avant le terme du cycle actuel, qui court jusqu'en 2029, et sous la forme d'un lot unique regroupant l'intégralité des matchs. L'appel d'offres serait lancé en novembre, avec un mois pour répondre.

Ce regroupement est rendu possible par la récente loi sur le financement du sport professionnel, qui autorise la commercialisation des droits « en un ou plusieurs lots ». Jusqu'ici, le championnat était découpé en plusieurs lots : DAZN détenait huit rencontres par journée, beIN Sports une affiche pour 78,5 millions d'euros par an, et le contrat avec DAZN avait tourné au conflit avec LFP Médias.

Ligue 1+, un an après

Depuis la fin de l'accord avec beIN, la chaîne de la Ligue, Ligue 1+, retransmet tout le championnat. Elle aurait rapporté entre 80 et 90 millions d'euros en 2025-2026, pour environ 65 millions de coûts annuels. Avant la séparation d'avec Canal+ en 2018, les droits rapportaient près de 600 millions d'euros par an. Les diffuseurs retenus pourraient soit diffuser Ligue 1+, soit créer leur propre chaîne.

L'appétit des plateformes de streaming comme Disney+, Netflix ou Apple pour les droits sportifs est mis en avant, tandis qu'un retour de Canal+ paraît peu probable à ce stade. Un prix plancher de 250 millions d'euros, en dessous duquel LFP Médias refuserait de vendre, a été évoqué puis démenti par une source proche de la Ligue.

Les arguments pour

  • Un seul abonnement pour tous les matchs, au lieu d'un championnat éparpillé entre chaînes Avec plusieurs lots, le supporter devait cumuler les abonnements : huit matchs chez DAZN, une affiche chez beIN. Depuis que Ligue 1+ diffuse tout, Entrevue note que la situation est déjà plus simple pour le téléspectateur ; un lot unique garantit que cela reste vrai, quel que soit l'acheteur.
  • Un bloc entier peut intéresser Netflix, Disney+ ou Apple, et faire remonter la valeur du championnat Les droits rapportaient près de 600 millions d'euros par an avant 2018 ; Ligue 1+ en a tiré 80 à 90 millions en 2025-2026. Les plateformes de streaming, dont The Media Leader souligne l'appétit pour les droits sportifs, figurent parmi les candidats potentiels ; un bloc entier leur offre une compétition complète à mettre en avant. C'est le pari de LFP Médias pour redonner aux clubs des revenus stables sur cinq saisons.

Les arguments contre

  • Tout confier à un seul acheteur, c'est dépendre de sa santé et de sa bonne volonté Le dernier diffuseur dominant, DAZN, a fini en conflit ouvert avec LFP Médias. Avec plusieurs lots, la défaillance d'un diffuseur ne prive pas le championnat de toute exposition ni de tout revenu ; avec un lot unique, un seul contrat porte l'ensemble de la Ligue 1 jusqu'en 2032.
  • Un lot unique prive la Ligue de la carte Ligue 1+ en cas d'enchère trop basse La chaîne de la Ligue aurait dégagé 80 à 90 millions d'euros de recettes pour 65 millions de coûts en 2025-2026. Avec un lot unique, soit un acheteur emporte tout, soit la Ligue garde tout : elle ne peut plus vendre une partie des matchs et continuer à exploiter elle-même le reste sur Ligue 1+, comme le permettait un découpage en plusieurs lots.

Sources

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