Approuvez-vous le retour du drapeau russe aux Jeux olympiques de la jeunesse ?

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Aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, fin octobre, les athlètes russes doivent défiler sous leur drapeau, une première depuis 2020.

Le drapeau russe blanc, bleu et rouge flotte au sommet d'un mât sous un ciel bleu.
Oleg Podlesnykh / Unsplash, licence Unsplash, recadrage 3:4

Le contexte

Fin octobre, aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, 13 athlètes russes et 10 entraîneurs doivent défiler derrière le drapeau de leur pays lors de la cérémonie d'ouverture. Si l'un d'eux gagne, l'hymne russe retentira. Ce serait une première depuis les Jeux de la jeunesse de Lausanne, en 2020, selon l'AFP.

La Russie est privée de ses couleurs depuis 2016, d'abord pour un scandale de dopage organisé par l'État, puis après l'invasion de l'Ukraine en 2022. Aux Jeux de Paris 2024 et de Milan-Cortina 2026, ses sportifs ont concouru comme athlètes neutres. Le 7 juillet, le CIO a levé provisoirement la suspension du Comité olympique russe, ouvrant aux Russes la route des Jeux de Los Angeles 2028. Il a reporté sa décision sur le drapeau et l'hymne pour ces Jeux-là.

Kiev devant la justice sportive

L'Ukraine a saisi le Tribunal arbitral du sport pour faire annuler la décision du CIO, qu'elle juge prématurée. Son ministre des Sports, Matviï Bidny, accuse Moscou d'avoir intégré à ses structures des organisations sportives des territoires ukrainiens occupés. Dans un entretien à l'AFP publié dimanche, son homologue russe, Mikhaïl Degtiarev, estime que l'Ukraine n'a pas à s'en mêler et que « le sport doit unir, non diviser ».

Les arguments pour

  • Ces jeunes sportifs ne sont pas responsables de la guerre Les Jeux de Dakar réunissent des athlètes de la catégorie jeunesse. Les priver de leur drapeau revient à les punir pour une invasion décidée par leur gouvernement, à laquelle ils n'ont pris aucune part.
  • Le CIO juge la sanction dépassée sans changer de position sur la guerre Après une analyse approfondie, le CIO a conclu que la suspension n'était plus applicable. Il dit toujours condamner fermement l'invasion, n'organisera pas d'épreuves en Russie, n'invitera pas de dirigeants russes et impose aux athlètes un contrôle antidopage renforcé.

Les arguments contre

  • La guerre qui a motivé la sanction continue de tuer des civils Samedi 10 octobre encore, des frappes russes sur Zaporijjia ont fait au moins 15 morts, dont trois enfants, selon les secours ukrainiens, après une nuit où la Russie a lancé 160 drones. Les raisons de la suspension de 2022 n'ont pas disparu.
  • Moscou est accusé d'avoir absorbé le sport des territoires ukrainiens occupés C'est l'un des motifs du recours déposé par l'Ukraine devant le Tribunal arbitral du sport. Kiev estime que le CIO n'a pas vérifié que les manquements à l'origine de la suspension avaient réellement cessé.
  • Le drapeau et l'hymne offrent au Kremlin une victoire symbolique Après la décision de juillet, le ministre russe des Sports y a vu un « signal clair » adressé au monde. Voir le drapeau défiler et entendre l'hymne sur un podium olympique donnerait à Moscou une image de retour à la normale en pleine guerre.

Sources

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