Donald Trump mérite-t-il le prix Nobel de la paix ?

· Europe et international

Le prix Nobel de la paix 2026 a été attribué vendredi à la juriste sud-africaine Navi Pillay, une décision que Donald Trump a jugée « honteuse ».

Portrait de Donald Trump en costume sombre et cravate rouge, devant un drapeau américain.
Library of Congress / Unsplash, licence Unsplash, portrait de 2016, recadrage 3:4

Le contexte

Vendredi 9 octobre, le comité Nobel norvégien a récompensé Navi Pillay. Avocate de militants anti-apartheid en Afrique du Sud, elle a ensuite jugé au Tribunal pénal international pour le Rwanda puis à la Cour pénale internationale, avant de diriger le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme de 2008 à 2014. Le ministère français des Affaires étrangères a salué son engagement pour la justice pénale internationale.

Donald Trump n'a pas caché sa colère. En meeting à Syracuse, il a qualifié la décision de « honteuse et embarrassante ». Sur Truth Social, il a écrit ne rien savoir de cette femme, a affirmé qu'elle détestait Israël et a parlé d'une « tache indélébile pour la Norvège ». En 2025, à la tête d'une commission d'enquête de l'ONU, Navi Pillay avait accusé Israël de génocide à Gaza.

Huit guerres « réglées », selon lui

Le président américain estime qu'il aurait dû recevoir huit prix Nobel, un par guerre qu'il dit avoir réglée : Cambodge-Thaïlande, Kosovo-Serbie, RDC-Rwanda, Inde-Pakistan, Israël-Iran, Égypte-Éthiopie, Arménie-Azerbaïdjan et Israël-Hamas. Il assure qu'il réglera ou gagnera bientôt deux autres conflits, en Iran et en Ukraine.

Son bilan reste discuté. À Gaza, le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre s'appuie sur son plan en 20 points ; les combats les plus violents ont cessé, mais fin septembre ce plan était en grande partie au point mort, selon Noovo Info. En Ukraine, Volodymyr Zelensky a dénoncé vendredi l'accord annoncé par Trump avec Vladimir Poutine sur le diesel russe, des « cadeaux à Poutine » selon lui.

Les arguments pour

  • Le cessez-le-feu à Gaza repose sur son plan La trêve entrée en vigueur le 10 octobre s'appuie sur le plan en 20 points présenté par Donald Trump. Selon Noovo Info, les combats les plus violents ont cessé depuis et la situation humanitaire s'est améliorée.
  • Il revendique des médiations dans de nombreux conflits, sur plusieurs continents Donald Trump cite huit conflits qu'il dit avoir réglés, de l'Arménie-Azerbaïdjan à la RDC-Rwanda en passant par l'Inde et le Pakistan. Même si une partie seulement de ces médiations tenait, le prix récompenserait des résultats diplomatiques concrets plutôt qu'une carrière.

Les arguments contre

  • Les guerres en Iran et en Ukraine sont loin d'être terminées Trump dit lui-même qu'il va régler ou « gagner » ces deux conflits. Son accord avec Moscou sur le diesel russe, annoncé alors qu'il présentait cette mesure comme une réponse à la flambée des prix liée à la guerre avec l'Iran, revient selon Volodymyr Zelensky à financer la guerre contre l'Ukraine.
  • Son gouvernement sanctionne la justice internationale que le prix vient de saluer Le jour même de l'annonce, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale, où Navi Pillay a siégé. Récompenser Trump reviendrait à saluer une politique hostile à l'une des institutions chargées de juger les crimes de guerre.
  • À Gaza, son plan de paix reste en grande partie bloqué Fin septembre, le Hamas n'avait pas rendu ses armes, l'armée israélienne contrôlait environ 60 % du territoire, la force internationale n'était pas déployée et la reconstruction n'avait pas commencé. La grande majorité des Palestiniens vivaient encore sous des tentes ou dans des ruines.

Sources

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