Si leurs violences sont établies, faut-il dissoudre les groupes d'ultradroite impliqués le 24 octobre ?

· Justice et sécurité

Après des violences attribuées à des militants d'ultradroite contre des manifestants le 24 octobre, Laurent Nuñez a évoqué de possibles conséquences administratives, comme la dissolution de groupes.

Des policiers casqués en tenue de maintien de l'ordre marchent dans une rue de Paris
Photo Bastien Nvs, Unsplash (licence Unsplash) ; Paris, 2022 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le 24 octobre, pendant une journée de mobilisation sociale, des militants d'ultradroite sont accusés d'avoir agressé des manifestants à Nice, Montpellier, Nancy et dans une dizaine d'autres villes, selon le ministère de l'Intérieur cité par l'AFP. À Rouen, une vidéo du média Blast montre des militants frappant des manifestants.

À Nice, le parquet a ouvert une enquête en flagrance. Onze personnes susceptibles d'appartenir à l'ultradroite ont été interpellées dans deux véhicules avant les violences, certaines avec des masques, des gants, des gazeuses et des matraques, rapporte le HuffPost. Selon l'AFP, onze personnes seront jugées. À Montpellier, le maire Michaël Delafosse a annoncé un signalement au procureur.

Le ministère affirme que ces groupes ont cherché l'affrontement avec des militants d'ultragauche. Des députés insoumis ont accusé la police de les avoir protégés. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, le conteste : « à aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés ». Le ministère reconnaît que ces militants n'ont pas systématiquement été interpellés.

Laurent Nuñez a demandé aux préfets de saisir la justice pour poursuivre ces militants pour participation à un groupement en vue de commettre des violences. Il a aussi prévenu que des conséquences administratives pourraient suivre, comme la dissolution de groupes. Au 26 octobre, aucune procédure n'avait été annoncée, selon l'AFP.

Les arguments pour

  • Un groupe venu équipé pour l'affrontement relève d'une action organisée À Nice, certains des onze militants interpellés ensemble, avant les violences, avaient des gazeuses et des matraques. Si la justice établit qu'ils agissaient en groupe organisé, la dissolution viserait la structure qui les réunit.
  • Selon le ministère, ce sont des groupes qui ont cherché l'affrontement Le ministère de l'Intérieur dit que ces groupes ont surtout cherché l'affrontement avec l'ultragauche. Si c'est confirmé, la violence venait d'une organisation collective, et la dissolution est la mesure prévue contre une telle organisation.

Les arguments contre

  • La justice pénale peut déjà poursuivre les auteurs et le groupement Une enquête est ouverte à Nice, onze personnes seront jugées, et le ministre a demandé des poursuites pour groupement en vue de commettre des violences. Un procès ne condamne que sur des faits prouvés, personne par personne, alors qu'une dissolution frappe tous les membres.
  • On ne dissout pas une mouvance sans structure clairement identifiée L'AFP parle de « mouvance d'ultradroite » et de militants identitaires, sans nommer d'association ni de groupement précis. Il faudrait d'abord identifier une structure organisée à dissoudre.

Sources

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