Faut-il dissoudre la Brav-M, les brigades motorisées de maintien de l'ordre ?

· Justice et sécurité

Après les violences du 17 octobre, LCP a recensé les positions des partis sur le maintien de l'ordre : La France insoumise veut dissoudre la Brav-M, des brigades créées en 2019 pendant le mouvement des gilets jaunes, que Politis décrit comme régulièrement mises en cause dans des affaires de violences policières.

Policier casqué en tenue noire de dos, face à une foule à Paris
Photo Thomas de Luze, Unsplash (licence Unsplash), Paris, Grands Boulevards, 2020 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Selon Brut, « les BRAV-M, les Brigades de Répression de l'Action Violente Motorisée, sont créées en mars 2019. » Politis rappelle que la Brav-M a été « créée en 2019 par le préfet Didier Lallement, lors du mouvement des gilets jaunes » et qu'elle « est une stratégie d'intervention composée de policiers de compagnies d'intervention (CI) déplacés par des motocyclistes. » « Reconnaissables à leur tenue noire et leur casque de moto », ces policiers « sont régulièrement mis en cause dans des affaires de violences policières ». En mars 2023, une pétition pour leur dissolution « atteignait déjà 180 000 signatures le 28 mars ». Brut résume ce que le gouvernement attendait de la police en 2019 : « Le gouvernement exige alors davantage de fermeté et de réactivité. »

Ce que propose La France insoumise

Dans son inventaire des propositions des partis sur le maintien de l'ordre, publié le 19 octobre, LCP relève que La France insoumise entend « défendre une doctrine de retenue et de désescalade » et « dissoudre la Brav-M (la brigade de répression de l'action violente motorisée) ».

La position des Républicains et du RN

Bruno Retailleau, président des Républicains, défend « la répression ferme des violences, l'interpellation des casseurs et l'usage de la force légitime », et estime qu'un policier ne doit pas être jugé avant l'examen des faits : « son action ne doit pas être présumée fautive avant même que les faits aient été examinés ». Le Rassemblement national propose une « présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes ».

Les arguments pour

  • Des unités régulièrement mises en cause pour violences policières Les policiers de la Brav-M « sont régulièrement mis en cause dans des affaires de violences policières », selon Politis, et une pétition pour leur dissolution atteignait déjà 180 000 signatures fin mars 2023. Quand une unité revient aussi souvent dans ces affaires, la supprimer est une réponse plus nette qu'une nouvelle réforme de ses pratiques.
  • Une doctrine de désescalade n'est pas compatible avec des brigades conçues pour la fermeté La Brav-M a été créée quand le gouvernement exigeait davantage de fermeté et de réactivité face aux gilets jaunes : des policiers de compagnies d'intervention déplacés par des motocyclistes. LFI veut au contraire « une doctrine de retenue et de désescalade » : une unité conçue pour la fermeté n'a pas sa place dans cette doctrine.

Les arguments contre

  • Des binômes à moto pour rattraper des casseurs qui se déplacent Selon Brut, la Brav-M associe un pilote de moto à un agent de la BAC ou d'une compagnie d'intervention, et elle a été créée quand le gouvernement exigeait « davantage de fermeté et de réactivité ». Bruno Retailleau demande « l'interpellation des casseurs » : sans unité mobile, cette interpellation devient plus difficile.
  • Dissoudre une unité avant d'avoir examiné les faits revient à présumer les policiers fautifs Pour Bruno Retailleau, l'action d'un policier ne doit pas être présumée fautive avant que les faits aient été examinés ; le Rassemblement national propose même une présomption de légitime défense. Supprimer la Brav-M avant que les faits reprochés à ses policiers aient été examinés reviendrait à juger toute une unité sur des affaires individuelles.

Sources

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