Faut-il changer les dates de la présidentielle pour éviter un second tour le 2 mai, lendemain du 1er mai ?
· Politique et démocratie
Bruno Retailleau, président de LR et candidat à la présidentielle, a demandé le 19 octobre sur BFMTV de changer la date du second tour, fixé au 2 mai 2027, par crainte de débordements le 1er mai après les violences du 17 octobre.
Le contexte
Le second tour de l'élection présidentielle est fixé au dimanche 2 mai 2027, au lendemain de la fête du Travail, et le premier tour au 18 avril. Le lundi 19 octobre sur BFMTV, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat, a demandé au gouvernement de revoir cette date. « Peu de 1er mai se passent calmement. Il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements », a-t-il fait valoir. Il avait déjà exprimé son opposition à ce calendrier dès son annonce en juillet.
Le candidat reproche au gouvernement une « stratégie du chaos » en maintenant cette date. Le Journal du Net rappelle « les scènes de pillage et de casse observées dans plusieurs villes lors des 17 et 18 octobre ».
Ce que permet la Constitution
La Constitution prévoit que « le second tour est organisé le quatorzième jour suivant le dimanche du premier tour ». Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, cité par Public Sénat, « à moins de la réviser, vous ne pouvez pas changer cet écart entre les deux tours » : déplacer le second tour suppose de déplacer aussi le premier. La fin du mandat borne l'exercice : « Le 14 mai, à minuit une, quoi qu'il se passe, Emmanuel Macron n'est plus Président. » Fixer les dates dans ce cadre « relève de la responsabilité de l'exécutif », précise Pierre Esplugas-Labatut, professeur de droit public à l'Université Toulouse Capitole.
D'après le Journal du Net, « la seule autre option permise par la Constitution aurait été un scrutin les 11 et 25 avril », « qui aurait toutefois empiété sur les vacances scolaires ». Le gouvernement a retenu les 18 avril et 2 mai.
Les arguments pour
- Voter le lendemain d'un 1er mai sous tension, c'est risquer un scrutin perturbé par les débordements de la veille Selon Bruno Retailleau, « peu de 1er mai se passent calmement », et le Journal du Net rappelle les scènes de pillage et de casse observées dans plusieurs villes les 17 et 18 octobre. Des débordements la veille du vote pourraient, selon lui, perturber le scrutin, ce qu'il juge incompatible avec un vote serein.
- La Constitution laisse une autre fenêtre, les 11 et 25 avril, et la date relève d'un choix de l'exécutif Fixer les dates relève de la responsabilité de l'exécutif, dans le cadre de la Constitution. Une alternative existait, un scrutin les 11 et 25 avril, qui aurait empiété sur les vacances scolaires. Avancer les deux tours d'une semaine reste donc possible sans toucher au texte constitutionnel.
Les arguments contre
- Le second tour ne peut pas bouger seul : la Constitution impose quatorze jours entre les deux tours L'article 7 fixe le second tour « le quatorzième jour suivant le dimanche du premier tour ». Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, « à moins de la réviser, vous ne pouvez pas changer cet écart entre les deux tours » : il faudrait avancer aussi le premier tour, et comme le mandat du président s'achève le 14 mai, impossible de reculer. Le calendrier officialisé laisse peu de marge.
- L'autre créneau possible tombait pendant les vacances scolaires, au détriment de la participation La seule alternative permise par la Constitution, un scrutin les 11 et 25 avril, aurait empiété sur les vacances scolaires, rappelle le Journal du Net. Déplacer le scrutin sur cette période reviendrait à échanger un risque de troubles contre un risque d'abstention, une partie des électeurs étant alors en congé loin de leur bureau de vote.
Sources
Vote ouvert jusqu’au .