Faut-il moins rembourser les cures thermales pour faire des économies à la Sécu ?
· Santé
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit de baisser la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie, pour environ 200 millions d’euros d’économies.
Le contexte
Chaque année, environ 470 000 personnes partent en cure thermale, le plus souvent pour des rhumatismes ou des problèmes respiratoires. L’Assurance maladie rembourse aujourd’hui les soins à 65 %, davantage pour les patients en affection de longue durée.
Le gouvernement veut baisser ce taux dans le budget 2027 de la Sécurité sociale et transférer la charge vers les mutuelles, pour environ 200 millions d’euros d’économies. Le changement passerait par décret. Une tentative similaire, qui prévoyait de ramener le remboursement à 15 %, avait échoué fin 2025 face à l’opposition des sénateurs.
Deux camps
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’interroge : « revient-il à la sécurité sociale de financer une activité économique ? » et souhaite un avis de la Haute Autorité de santé. En face, la sénatrice Corinne Imbert (LR) rappelle que l’Académie nationale de médecine considère la cure comme un traitement médical. Le secteur revendique 25 000 emplois et 4,8 milliards d’euros de retombées, souvent dans des communes rurales. Le sénateur Jean-Marc Boyer (LR) estime que la mesure ferait perdre 300 000 curistes sur 500 000.
Les arguments pour
- L’Assurance maladie doit financer d’abord les soins dont l’efficacité est démontrée La ministre de la Santé estime que la Sécurité sociale n’a pas à financer une activité économique et réclame un avis de la Haute Autorité de santé sur l’efficacité des cures. En période de déficit, chaque euro doit aller aux traitements les mieux évalués.
- 200 millions d’euros d’économies sans toucher aux soins urgents Le transfert vers les mutuelles permettrait d’économiser environ 200 millions d’euros par an, alors que la cure reste accessible aux assurés couverts par une complémentaire.
Les arguments contre
- Les curistes modestes, souvent âgés, renonceraient à leur cure Une cure coûte déjà près de 1 800 euros avec l’hébergement et le transport. Moins remboursée, elle deviendrait inaccessible à une partie des curistes : un sénateur estime que 300 000 sur 500 000 pourraient abandonner.
- Des stations thermales et 25 000 emplois menacés dans les territoires ruraux Le thermalisme revendique 4,8 milliards d’euros de retombées et 25 000 emplois directs et indirects, parfois dans des communes qui gèrent elles-mêmes leurs thermes. Moins de curistes, c’est moins d’activité pour ces villes.
- L’Académie de médecine reconnaît la cure comme un traitement La rapporteure Corinne Imbert s’appuie sur l’avis de l’Académie nationale de médecine et sur la présence de médecins dans les stations. Elle juge contradictoire de réduire le remboursement avant même l’avis de la Haute Autorité de santé.
Sources
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