Faut-il créer 250 000 places de plus dans le supérieur dès 2027, comme le réclament les jeunes mobilisés ?

· Éducation

Lycéens et étudiants, appelés à manifester de nouveau le 13 octobre, réclament 250 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur dès la rentrée 2027.

Amphithéâtre universitaire vide, rangées de sièges en gradins sous des rampes lumineuses.
Po-Hsuan Huang / Unsplash (licence Unsplash), université nationale Cheng Kung, Tainan (Taïwan), recadrage 3:4

Le contexte

Mardi 13 octobre, l'intersyndicale lycéenne et étudiante appelle à une nouvelle journée de mobilisation. Parmi ses revendications figure la création de 250 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur dès septembre 2027, pour mettre fin à ce qu'elle appelle la « sélection algorithmique ».

La mesure fait partie de dix propositions lancées le 5 octobre par l'Union étudiante et l'Union syndicale lycéenne, soutenues par l'Unef, la Fage et Solidaires étudiant.e.s. Parcoursup et Mon Master seraient conservés, mais sans sélection.

Ce que montrent les chiffres

À la fin de la phase principale de Parcoursup, le 11 juillet, près de 80 000 des 576 000 candidats lycéens n'avaient aucune solution, selon L'Etudiant. En comptant les étudiants en réorientation, ils étaient environ 126 000. Au même moment, plus de 83 000 places restaient vacantes dans quelque 6 000 formations, notamment en BTS, en classes préparatoires et en écoles spécialisées, selon le CIDJ.

Les tensions portent surtout sur des licences très demandées, comme le droit ou la psychologie. Selon l'économiste Julien Grenet, les effectifs étudiants ont augmenté d'environ 30 % depuis 2010 alors que la dépense publique a stagné. Certaines universités réduisent même leurs capacités faute de moyens : à Rouen, 700 places de licence ont été supprimées.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a reçu les organisations étudiantes le 7 octobre sans annoncer de mesure concrète. Il estime que l'accès au supérieur et la sélection sont des sujets « qui méritent d'être débattus ».

Les arguments pour

  • Des dizaines de milliers de bacheliers restent sans place Le 11 juillet, près de 80 000 candidats lycéens n'avaient aucune solution sur Parcoursup, et environ 26 000 ont quitté la plateforme sans proposition d'admission. Selon Le Monde, cité par L'Etudiant, des universités franciliennes se sont même vu proposer des primes pour accueillir des candidats restés sans affectation.
  • Les universités n'ont pas suivi la hausse du nombre d'étudiants Les effectifs ont augmenté d'environ 30 % depuis 2010 sans hausse de la dépense publique, selon Julien Grenet. Faute de moyens, certaines universités ferment même des places, comme Rouen avec 700 places de licence. Créer des places obligerait à financer le rattrapage.

Les arguments contre

  • Des places restent vides pendant que d'autres manquent Plus de 83 000 places étaient encore disponibles à la mi-juillet, surtout en BTS, en classes préparatoires et en écoles, alors que la pénurie touche des licences précises comme le droit ou la psychologie. Ajouter 250 000 places sans cibler ces filières risquerait de créer des capacités dont les candidats ne veulent pas.
  • L'objectif de 2027 paraît hors de portée pour des universités à court d'argent Les universités dénoncent un sous-investissement et peinent déjà à augmenter leurs capacités, certaines en supprimant. Ouvrir des amphis et recruter des enseignants pour 250 000 étudiants de plus d'ici septembre 2027 supposerait des moyens nouveaux importants, que les établissements disent déjà ne pas avoir.

Sources

Sondage clos le .

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