Faut-il imposer un couvre-feu aux mineurs dans les centres-villes les soirs de manifestation à risque de violences ?
· Société
Après les violences du 17 octobre, le préfet des Pyrénées-Orientales a annoncé un couvre-feu pour les mineurs dans l'hyper-centre de Perpignan le soir du samedi 24 octobre, jour d'une manifestation non déclarée ; Lille a appliqué cette semaine un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés.
Le contexte
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé le mercredi 21 octobre qu'un couvre-feu pour les mineurs serait instauré dans l'hyper-centre de Perpignan, du samedi 24 octobre à 19 h 30 au dimanche 6 h. Il a aussi interdit les manifestations dans l'hyper-centre du 22 au 25 octobre et autorisé l'usage des lanceurs de balles de défense. « Cette mesure me paraît largement justifiée par ce qui s'est produit la semaine dernière », a-t-il déclaré.
Le 17 octobre, six boutiques du centre-ville ont été pillées et 27 personnes interpellées, dont neuf mineurs, selon Made in Perpignan ; Europe 1, citant la préfecture, fait état de sept commerces dévalisés et de vingt interpellations. À Lille, ainsi qu'à Denain, Douai et Wattignies, un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, de 20 h à 6 h dans certains secteurs, a été instauré le lundi 19 octobre au soir et prolongé jusqu'au vendredi 23 octobre à 6 h, selon Europe 1.
Majeurs et mineurs parmi les interpellés
Parmi les casseurs identifiés après le 17 octobre, il y aurait « 70 % de majeurs », écrit Sud Radio, sans préciser la source de ce chiffre. À Paris, un quart des personnes placées en garde à vue étaient mineures, selon le parquet cité par Sud Radio. Les articles consultés ne précisent ni l'âge exact visé par le couvre-feu de Perpignan ni les sanctions prévues.
Les arguments pour
- Une part notable des personnes interpellées sont mineures À Perpignan, neuf des 27 personnes interpellées le 17 octobre étaient mineures, selon Made in Perpignan, et à Paris un quart des gardés à vue l'étaient, selon le parquet. Un couvre-feu le soir de la manifestation éloigne ces jeunes des rues où les violences ont eu lieu.
- La mesure est limitée à une soirée et à un quartier Le couvre-feu de Perpignan ne vaut que pour l'hyper-centre, du samedi 19 h 30 au dimanche 6 h. Le préfet juge la mesure « largement justifiée par ce qui s'est produit la semaine dernière ».
Les arguments contre
- La plupart des personnes interpellées sont des adultes À Perpignan, 18 des 27 personnes interpellées le 17 octobre étaient majeures, selon Made in Perpignan ; à Paris, trois gardés à vue sur quatre l'étaient, selon le parquet. Un couvre-feu réservé aux mineurs laisse de côté la majorité des interpellés.
- Tous les jeunes d'un quartier sont privés de sortie pour les actes de quelques-uns À Perpignan, le couvre-feu vise tous les mineurs présents dans l'hyper-centre samedi soir, qu'ils aient ou non pris part aux violences. À Lille, le couvre-feu a visé pendant quatre nuits, du lundi soir au vendredi matin, tous les mineurs non accompagnés de certains secteurs.
Sources
- À Perpignan, les manifestations sont interdites dans le centre-ville jusqu'à dimanche, les forces de l'ordre doublées samedi, Europe 1 (2026)
- Couvre-feu pour les mineurs, usage de LBD… : à Perpignan « l'ordre républicain n'est pas négociable », Made in Perpignan (2026)
- En direct, violences urbaines : les rassemblements et manifestations interdits jeudi de 8h à 20h dans certains secteurs de Paris, Europe 1 (2026)
- Violences du 17-Octobre : qui sont ces casseurs-pilleurs aux profils multiples ?, Sud Radio (2026)
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