Approuvez-vous la cérémonie obligatoire du 11-Novembre dans les écoles élémentaires, collèges et lycées ?
· Éducation
Une circulaire du ministre de l'Éducation nationale impose dès cette année un hommage aux « Morts pour la France » dans chaque établissement ; plusieurs syndicats enseignants appellent à le boycotter.
Le contexte
Pour la première fois cette année, chaque école élémentaire, collège et lycée, public ou privé sous contrat, doit organiser une cérémonie d'hommage aux « Morts pour la France ». L'établissement choisit la date dans les quatre jours qui précèdent ou suivent le 11 novembre. La mesure vient d'une circulaire du ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, datée du 2 juillet.
Un guide publié le 26 août précise le déroulé. Les élèves sont invités à y prendre part, avec des partenaires possibles comme des élus, la police, la gendarmerie, l'armée ou des associations ; la circulaire mentionne aussi des réservistes. L'hommage vise toutes les guerres depuis 1914, et un temps de salut au drapeau peut être prévu. Dans la circulaire, le ministre écrit que l'École doit permettre aux élèves « de devenir des citoyens conscients de partager une destinée commune ».
Plusieurs syndicats enseignants s'y opposent. Le SNES-FSU demande le retrait de la circulaire et du guide. Il soutient les enseignants qui refusent de préparer la cérémonie ou d'y participer, y compris par la grève, et a déposé un préavis pour la semaine du 11 novembre. La fédération FO de l'enseignement réclame aussi le retrait. Sud Éducation parle d'une école devenue « antichambre de la guerre », le Snalc d'« un mauvais message ».
Les opposants dénoncent une militarisation de l'école. La circulaire justifie la cérémonie par un contexte international « marqué par des formes renouvelées de conflictualité ». Le SNES critique aussi une cérémonie qui imite selon lui les rituels militaires, et une catégorie de « Morts pour la France » qui réunit soldats, civils, résistants et victimes des guerres coloniales. Le ministre répond que cette cérémonie « ne célèbre pas la guerre, mais la paix conquise ».
Les arguments pour
- Un hommage commun à tous les établissements Pour le ministre, la cérémonie ne célèbre pas la guerre mais la paix conquise. Chaque année, les élèves des écoles élémentaires, collèges et lycées, publics comme privés sous contrat, sont invités à honorer les morts des guerres depuis 1914.
- Les élèves peuvent rencontrer élus, militaires et associations Le guide du ministère permet d'associer à la cérémonie des élus, la police, la gendarmerie, l'armée ou des associations, et la circulaire y ajoute des réservistes. Les élèves peuvent ainsi échanger, dans leur établissement, avec des acteurs de la défense et de la vie locale.
Les arguments contre
- L'école n'a pas à préparer les jeunes à la guerre FO relie la cérémonie à d'autres mesures, comme les classes défense ou un guide pour acculturer les jeunes à la défense. La circulaire elle-même invoque un environnement marqué par des conflits renouvelés, ce que FO dénonce comme une militarisation de l'école.
- Une cérémonie imposée laisse peu de place au regard critique Le SNES rappelle que l'histoire enseignée repose sur l'analyse critique des sources et que les mémoires des guerres sont plurielles. Réunir sous un même hommage soldats, résistants et victimes des guerres coloniales place, selon lui, les professeurs d'histoire-géographie dans une position intenable.
Sources
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