Les entreprises qui construisent un centre de données devraient-elles verser de l'argent aux habitants voisins ?

· Sciences et numérique

Donald Trump a demandé le 21 octobre aux entreprises qui construisent des centres de données de conclure des accords financiers avec les populations locales pour rendre ces projets mieux acceptés.

Une allée étroite entre des rangées d'armoires de serveurs dans un centre de données
Photo İsmail Enes Ayhan, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration, lieu non indiqué ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le 21 octobre, sur Truth Social, Donald Trump a exhorté les entreprises qui construisent des centres de données à conclure des accords financiers avec les populations des villes où elles s'installent. Il affirme aussi avoir exigé qu'elles produisent leur propre électricité et cèdent ou vendent leur excédent à la population locale ou au réseau. Selon lui, cela devrait faire baisser les prix.

Aux États-Unis, ces projets suscitent une forte opposition à cause de leurs besoins en eau et en énergie. Selon Investing Live, cité par Euronews, au moins 47 grands projets ont été retardés en 2026 et plus de 1 000 collectivités ont demandé ou proposé des moratoires ou des limites.

Les contreparties proposées par des promoteurs

À Lancaster, en Pennsylvanie, un accord signé en septembre prévoit notamment deux fonds de 10 millions de dollars pour l'économie locale et le développement durable. À De Soto, au Kansas, le promoteur Digital Realty propose aux riverains 1 000 dollars de crédits sur leurs factures d'énergie et leurs impôts fonciers pendant dix ans. OpenAI a indiqué que ses futurs centres en Irlande pourraient s'accompagner de versements aux communautés locales.

Au Bourget, une pétition contre un projet

Au Bourget, en Seine-Saint-Denis, une pétition contre un centre de données a recueilli près de 18 000 signatures en 2025, pour une commune d'environ 16 000 habitants. Les opposants redoutaient une consommation d'électricité d'environ 2,5 fois celle de la ville et le bruit des groupes électrogènes. Le maire, Jean-Baptiste Borsali, mettait en avant le futur réseau de chaleur alimenté par le site, dont environ la moitié des habitants profiterait selon lui.

Les arguments pour

  • Les riverains supportent les nuisances du site sans en tirer de revenu Au Bourget, les opposants redoutaient un site consommant environ 2,5 fois l'électricité de la ville, des groupes électrogènes bruyants et un îlot de chaleur aggravé en été. Un versement aux habitants compenserait une partie de ces nuisances, qui toucheraient d'abord le voisinage.
  • Un accord financier peut rendre acceptable un projet qui serait sinon bloqué Aux États-Unis, au moins 47 grands projets ont été retardés en 2026 face à l'opposition locale. À De Soto, le promoteur Digital Realty propose aux riverains 1 000 dollars de crédits sur leurs factures d'énergie et leurs impôts fonciers pendant dix ans. Selon Donald Trump, des projets très impopulaires deviennent « extrêmement populaires » une fois qu'un accord financier répond aux inquiétudes des habitants.

Les arguments contre

  • Payer les habitants revient à acheter leur accord au lieu de réduire les nuisances Les griefs portent sur l'eau, l'énergie et l'environnement local. Un chèque ne réduit pas la consommation d'électricité ni le bruit des groupes électrogènes. En Irlande, les centres doivent déjà injecter de l'électricité dans le réseau. En Allemagne, des accords sont exigés pour réinjecter leur chaleur excédentaire dans le réseau.
  • Une contrepartie collective, comme un réseau de chaleur, vaut mieux qu'un versement individuel Au Bourget, le maire, Jean-Baptiste Borsali, mettait en avant un réseau de chaleur urbain alimenté par le centre de données, dont environ la moitié des habitants bénéficierait selon lui. Une contrepartie collective peut toucher bien plus d'habitants que les seuls voisins immédiats.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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