Approuvez-vous la création de 8 000 postes de fonctionnaires d'État prévue dans le budget 2027 ?

· Travail et protection sociale

Le projet de budget 2027 prévoit une hausse nette d'environ 8 000 postes dans la fonction publique d'État, surtout chez les enseignants, les militaires, les policiers et dans la justice.

Un drapeau français flotte au-dessus du fronton sculpté du Panthéon, à Paris.
Maxence Pira / Unsplash, licence Unsplash, Panthéon (Paris), recadrage 3:4

Le contexte

Le dossier budgétaire ne le met pas en avant, mais l'État prévoit en 2027 une création nette de 8 025 postes en équivalent temps plein, hors opérateurs, selon le décompte d'Acteurs publics et de la Fondation iFRAP. Le gouvernement affiche, lui, une baisse de 1 076 postes : ce chiffre inclut un effort d'environ 1 000 emplois demandé aux caisses de Sécurité sociale, qui ne relèvent pas du budget de l'État.

Samedi 10 octobre, sur Sud Radio, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP, a dénoncé ces « 8 000 agents de l'État supplémentaires ».

Où vont les postes

Quatre missions concentrent 99 % des créations : l'enseignement scolaire (+3 303), la défense (+2 090), conformément à la loi de programmation militaire, la justice (+1 301) et la sécurité (+1 234, dont 970 policiers et 235 gendarmes). Le gouvernement prévoit aussi 404 postes dans le numérique, au nom d'une « réinternalisation » de ces compétences. À l'inverse, 812 postes disparaissent en administration centrale et 1 209 chez les opérateurs de l'État.

Un coût discuté

Selon l'iFRAP, ces créations coûteraient 317 millions d'euros en 2027, puis environ 650 millions par an à terme, cotisations de retraite comprises. La masse salariale de l'État atteint 164,1 milliards d'euros, et le point d'indice des fonctionnaires reste gelé. Pour la Fondation, la France compte déjà près d'un million d'agents publics de plus que la moyenne de la zone euro.

Les arguments pour

  • Les postes vont d'abord aux classes, aux tribunaux et à la sécurité Enseignants, militaires, magistrats, greffiers, policiers et gendarmes représentent l'essentiel des créations. Le gouvernement assume de renforcer les services en contact direct avec le public plutôt que les administrations centrales, qui perdent des postes.
  • Le coût reste modeste à l'échelle des dépenses de personnel de l'État À terme, environ 650 millions d'euros par an, selon l'iFRAP elle-même, pour une masse salariale de 164,1 milliards. Le point d'indice étant gelé, les agents en poste ne verront pas leur traitement de base augmenter.
  • Reprendre le numérique en interne peut coûter moins cher que les prestataires Le gouvernement justifie les 404 postes numériques par une réinternalisation qui, selon lui, rend les services plus résistants et coûte moins cher que le recours à des sociétés extérieures.

Les arguments contre

  • La France emploie déjà bien plus d'agents publics que ses voisins Selon l'iFRAP, le pays compte près d'un million d'agents publics de plus que la moyenne de la zone euro, pour un surcoût estimé à 40 milliards d'euros par an, et les effectifs des administrations ont augmenté de 139 000 entre début 2017 et début 2026.
  • Embaucher alors que l'État emprunte à des taux records Le budget est présenté sous la pression des marchés, avec des taux d'emprunt français à des niveaux inédits. Chaque poste créé pèse sur la masse salariale pendant des décennies, retraites comprises, et l'iFRAP note que celle-ci continue d'augmenter malgré le gel du point d'indice.

Sources

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