Faut-il profiter de la baisse du nombre d'élèves pour avoir moins de professeurs, mais mieux payés ?

· Éducation

Le sénateur LR Olivier Paccaud, rapporteur du budget de l'enseignement scolaire, veut utiliser la baisse démographique pour mieux rémunérer les enseignants en milieu de carrière.

Salle de classe vide avec ses rangées de tables et un tableau vert au fond
Photo Nathan Cima, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

Dans son rapport sur le budget 2027, le sénateur LR Olivier Paccaud, rapporteur spécial des crédits de l'enseignement scolaire, juge que le projet ne réduit pas assez les effectifs d'enseignants au regard de la démographie, rapportait Public Sénat le 30 octobre. Il propose de profiter de la baisse du nombre d'élèves pour financer d'autres priorités, à commencer par la rémunération des professeurs en milieu de carrière.

Les écoles, collèges et lycées comptent 161 000 élèves de moins à la rentrée 2026 et doivent en perdre 180 000 de plus en 2027, puis 1,5 million d'ici 2035. Selon son rapport, la baisse de postes inscrite dans le projet de budget initial était quatre fois plus faible que la quinzaine de milliers de suppressions qu'aurait impliquées la démographie.

Face à la mobilisation lycéenne, le gouvernement a annoncé fin octobre renoncer aux suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale et plafonner à 28 élèves les classes de seconde. Dans le secondaire, près de 1 000 suppressions ont été remplacées par 1 700 créations nettes.

Côté salaires, la rémunération d'un enseignant de collège progresse d'un peu plus de 12 % entre le début de carrière et la quinzième année, contre près de 34 % en moyenne dans l'OCDE, selon un rapport de l'organisation cité par Public Sénat. Selon le sénateur, un décret de revalorisation des milieux de carrière, négocié avec les syndicats, est prêt mais n'a pas été pris. Le ministre de l'Éducation a, lui, annoncé pour septembre 2027 « une première étape de revalorisation à partir du milieu de carrière ». Dans le premier degré, selon le ministère, le nombre moyen d'élèves par enseignant doit passer de 20,9 à 20,6 à la rentrée 2027, contre 20,7 dans l'OCDE et 19,3 dans l'Union européenne.

Les arguments pour

  • Garder autant de postes avec 1,5 million d'élèves en moins d'ici 2035 mobilise des moyens qui pourraient aller aux salaires Selon le rapport sénatorial, la démographie justifierait environ 15 000 suppressions de postes, quatre fois plus que ce que prévoyait le budget initial, et le gouvernement a depuis renoncé aux suppressions. L'argent ainsi dégagé pourrait financer les salaires.
  • Les salaires des professeurs progressent peu au fil de la carrière En France, la rémunération d'un enseignant de collège progresse d'un peu plus de 12 % en quinze ans de carrière, contre près de 34 % en moyenne dans l'OCDE. Pour Olivier Paccaud, le pays a « besoin d'enseignants de qualité », or ils sont moins payés qu'à diplôme égal dans d'autres métiers.

Les arguments contre

  • Supprimer des postes empêcherait d'alléger des classes jugées trop chargées Les lycéens mobilisés depuis plus d'un mois ont obtenu l'annulation des suppressions de postes et un plafond de 28 élèves en seconde. Réduire les effectifs d'enseignants irait à rebours de ces engagements.
  • En primaire, la France compte encore plus d'élèves par enseignant que la moyenne européenne Dans le premier degré, la France comptera 20,6 élèves par enseignant à la rentrée 2027, contre 19,3 en moyenne dans l'Union européenne. La baisse du nombre d'élèves permet de rattraper cet écart.

Sources

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