Faut-il arrêter les travaux de l'autoroute A412 entre Machilly et Thonon-les-Bains ?
· Environnement et énergie
La justice administrative a rejeté le 15 octobre la demande de suspension en urgence des travaux de l'autoroute A412, en Haute-Savoie, déposée par un collectif d'opposants.
Le contexte
Le jeudi 15 octobre, le juge des référés de la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté la demande de suspension en urgence des travaux de l'A412, rapporte Sud Radio, qui reprend l'AFP. Cette autoroute de 16,5 km doit relier Machilly à Thonon-les-Bains, dans le Chablais, près de la frontière suisse. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas démontrée, le caractère irréversible des dommages n'étant pas établi.
La demande venait d'un collectif de 21 organisations, dont France Nature Environnement, des syndicats agricoles et des riverains. Il juge l'autoroute inutile et contraire au droit de l'environnement, et cite 130 espèces protégées et au moins 33 exploitations agricoles menacées. Il défend plutôt des solutions en train ou en bus et annonce un pourvoi devant le Conseil d'État. Le fond du dossier doit être jugé dans un délai estimé à dix mois.
Pour l'État, le projet doit désenclaver le Chablais et soulager le trafic des travailleurs frontaliers. Sa déclaration d'utilité publique a été validée par le Conseil d'État en 2025. Le concessionnaire Amedea, filiale d'Eiffage, a déjà défriché 85 % des quelque 180 hectares prévus, selon l'AFP. Il vise une mise en service début 2029 et prévoit 300 hectares de compensation écologique, indiquait en septembre Le Journal du Bâtiment et des TP.
Début octobre, la Ville de Genève a elle aussi demandé l'arrêt immédiat des travaux, avec le soutien de six communes genevoises, rapporte La Télé. Elle craint une hausse du trafic automobile des frontaliers, alors que le Léman Express circule déjà sur ce secteur. Le Conseil national de la protection de la nature s'est montré très critique sur les atteintes à la biodiversité, selon la même source.
Les arguments pour
- Le chantier menace des espèces protégées et des fermes Selon l'AFP, les opposants estiment que le projet menace 130 espèces protégées et au moins 33 exploitations agricoles. Le Conseil national de la protection de la nature a critiqué l'insuffisance des compensations écologiques, rapporte La Télé.
- Le Léman Express circule déjà sur ce secteur Genève fait valoir que le Léman Express circule déjà sur ce tronçon et que l'autoroute risque d'augmenter le trafic automobile, rapporte La Télé. Le collectif d'opposants défend des solutions en train ou en bus, selon l'AFP.
Les arguments contre
- La justice a jusqu'ici refusé de bloquer le projet La déclaration d'utilité publique a été validée par le Conseil d'État en 2025, et le juge des référés a refusé le 15 octobre de suspendre les travaux, faute de dommages irréversibles démontrés, selon l'AFP.
- L'autoroute doit soulager le trafic des frontaliers du Chablais L'État présente le projet comme un moyen de désenclaver le Chablais et d'alléger les trajets des travailleurs frontaliers vers la région de Genève, selon l'AFP.
- 85 % des terrains à défricher le sont déjà Le concessionnaire a déjà défriché 85 % des quelque 180 hectares prévus, selon l'AFP. En septembre, Le Journal du Bâtiment et des TP indiquait que le chantier mobiliserait jusqu'à près de 500 personnes à partir du printemps 2027 et que 300 hectares de compensation écologique étaient prévus.
Sources
- Rejet d'une demande de suspendre la construction d'une autoroute en Haute-Savoie, Sud Radio (AFP) (2026)
- La Ville de Genève demande un arrêt immédiat des travaux de l'A412, La Télé (2026)
- Autoroute du Chablais : « Seul un recours suspensif peut nous amener à interrompre le projet », Le Journal du Bâtiment et des TP (mesinfos) (2026)
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