Les autorités ont-elles bien géré la journée de manifestations du 24 octobre ?
· Justice et sécurité
Le ministère de l'Intérieur a compté 410 000 manifestants et 1 314 interpellations le 24 octobre, et revendique une nette baisse des violences par rapport au 17 octobre.
Le contexte
Une semaine après les pillages du 17 octobre, une nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat a réuni 410 000 personnes en France le samedi 24 octobre, selon le ministère de l'Intérieur. La CGT en revendique 800 000. Le ministère a recensé 1 314 interpellations, 53 policiers et gendarmes blessés et 24 commerces pillés, rapporte Entrevue.
Le dispositif avait été renforcé, avec environ 70 000 policiers et gendarmes. Des manifestations ont été interdites à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre et Toulon, et des couvre-feux localisés ont été reconduits à Paris, étendus à Marseille et instaurés à Orléans pour les mineurs. À Paris, le cortège syndical, seul autorisé, a dû défiler entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes au lieu du trajet Bastille-Nation, un itinéraire jugé « imposé » par les organisateurs, selon la RTBF.
Le bilan avancé par l'État
Laurent Nuñez a estimé que « les cortèges se sont bien passés » et que de nombreux pillages avaient été évités, d'après Sud Radio. À Paris, la préfecture de police compte 142 interpellations, contre 855 une semaine plus tôt, et deux commerces touchés. Sa porte-parole, Hélène Denéchère, assure que « les enseignements du 17 octobre ont été tirés ».
Des heurts ont éclaté à Grenoble, Nantes, Rennes et Lyon, et quelques commerces ont été pillés à Marseille, selon Sud Radio. À Toulouse, un jeune homme de 20 ans a été grièvement blessé à la main ; à Poitiers, un manifestant de 19 ans a été touché à l'œil. Les circonstances de ces blessures restent à établir.
Les critiques des restrictions
Amnesty International dénonce « un glissement vers des pratiques autoritaires » et la Ligue des droits de l'homme a déposé des recours contre plusieurs arrêtés d'interdiction, selon la RTBF. Le jour même, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a rappelé que les violences de quelques-uns ne justifient pas des interdictions générales, rapporte Sud Radio.
Les arguments pour
- Il y a eu beaucoup moins de casse à Paris qu'une semaine plus tôt La préfecture de police a annoncé 142 interpellations et deux commerces touchés dans la capitale le 24 octobre. Le week-end du 17 octobre, la mairie de Paris avait compté 450 commerces dégradés, dont 228 pillés, et la préfecture 855 interpellations.
- Plus de 400 000 personnes ont pu manifester malgré la tension Le ministère de l'Intérieur a compté 410 000 manifestants, la CGT 800 000. Le cortège syndical a défilé à Paris. À Marseille, après avoir annoncé l'interdiction de tout rassemblement, la préfecture a finalement autorisé la manifestation intersyndicale à titre dérogatoire.
Les arguments contre
- Les préfets ont interdit de manifester dans plusieurs villes, au risque de punir les manifestants pacifiques Les rassemblements ont été interdits dans au moins sept villes, dont Nancy, Rouen et Toulon. À Limoges, le préfet a pris un nouvel arrêté interdisant les rassemblements de plus de 20 personnes après une décision de justice contraire. Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a rappelé que les violences de certains ne justifient pas des interdictions générales.
- Le dispositif n'a pas empêché les blessures graves ni les affrontements Malgré 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, 53 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Un jeune homme a été grièvement blessé à la main à Toulouse, un autre touché à l'œil à Poitiers, et des heurts ont éclaté à Grenoble, Nantes et Rennes.
Sources
- Manifestations du 24 octobre : 1 314 interpellations, le gouvernement annonce une nette baisse des violences, Entrevue (2026)
- Manifestations à Paris : après le chaos du 17 octobre, la préfecture revendique un maintien de l'ordre plus efficace, Entrevue (2026)
- 410 000 personnes ont manifesté samedi en France, des heurts signalés en fin de cortège, RTBF (2026)
- Journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat : les derniers développements, Sud Radio (2026)
- Mobilisations du 24 octobre : le Conseil de l'Europe appelle les États membres à protéger le droit à la liberté de réunion pacifique, Sud Radio (2026)
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