Faut-il augmenter le point d'indice qui sert à calculer le salaire des fonctionnaires ?
· Travail et protection sociale
Les syndicats de la fonction publique réclament la hausse du point d'indice, que le projet de budget 2027 prévoit de geler à nouveau, avant la conférence sociale du 9 novembre.
Le contexte
La valeur du point d'indice sert à calculer le traitement de base des agents publics, qui étaient près de 5,3 millions en 2016 selon l'Institut Montaigne. Depuis 2017, elle n'a augmenté qu'en 2022 (+3,5 %) et en 2023 (+1,5 %), soit un peu plus de 5 % au total, selon LCP. Sur la même période, l'inflation cumulée atteindrait 24,17 % fin 2026, d'après l'Insee.
Le projet de budget pour 2027 prévoit un nouveau gel du point. Début octobre, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a proposé à la place d'ajouter des points dans les premiers échelons au 1er janvier : selon lui, 400 000 agents passeraient ainsi au-dessus du Smic pour leur salaire de base. La CGT y a vu « des mesurettes ».
Lors de la grève du jeudi 5 novembre, Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA Fonction publique, a rappelé sur Sud Radio la demande d'une hausse du point d'indice : « On ne peut pas laisser 862 000 agents sous le Smic, c’est énorme. » Pour lui, les primes ne suffisent pas, « le fond, c’est le salaire indiciaire ».
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunira syndicats et patronat le lundi 9 novembre à Matignon pour une conférence sociale sur les salaires et le pouvoir d'achat. David Amiel poursuit en parallèle ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique.
Les arguments pour
- Le point d'indice a pris un gros retard sur les prix Le point n'a progressé que d'un peu plus de 5 % depuis 2017, quand l'inflation cumulée atteindrait 24,17 % fin 2026 selon l'Insee, cité par LCP. Un agent resté au même échelon a perdu en pouvoir d'achat sur son traitement de base depuis 2017.
- 862 000 agents ont un salaire de base inférieur au Smic, selon l'UNSA La mesure du ministre ne ferait passer que 400 000 d'entre eux au-dessus du Smic pour leur salaire de base, selon LCP. Les autres continueraient de dépendre d'une indemnité de rattrapage. Pour l'UNSA, les primes ne remplacent pas le salaire indiciaire.
Les arguments contre
- Une hausse de 1 % du point coûtait déjà 1,8 milliard d'euros par an en 2016 La Cour des comptes estimait alors qu'une hausse de 1 % du point augmentait les dépenses publiques de 1,8 milliard d'euros, selon l'Institut Montaigne. Le projet de budget 2027 prévoit un nouveau gel du point. Fin 2025, David Amiel avait déjà exclu toute augmentation générale pour 2026, en invoquant la contrainte budgétaire.
- Une hausse du point bénéficie aussi aux agents les mieux payés Une hausse du point relève dans la même proportion le traitement de tous les agents, les mieux payés compris. Le ministre propose plutôt d'ajouter des points dans les premiers échelons et de relever l'indice minimum, pour viser les agents payés sous le Smic, selon LCP.
- Les communes et les hôpitaux devraient aussi payer la facture Le point s'applique aux trois fonctions publiques, pas seulement à l'État. En 2016, l'Association des maires de France chiffrait à 650 millions d'euros par an le coût pour les collectivités d'une hausse de 1,2 %, et cette même hausse coûtait 552 millions d'euros à la fonction publique hospitalière, selon l'Institut Montaigne.
Sources
- « On ne peut pas laisser 862 000 agents publics sous le Smic ! », Sud Radio (2026)
- Salaire des fonctionnaires : le ministre David Amiel propose aux syndicats de relever l'indice minimum au 1er janvier, LCP (2026)
- Manifestation du 5 novembre : Sébastien Lecornu annonce une conférence sociale avec les syndicats et le patronat lundi, Public Sénat (2026)
- Dégel du point d'indice des fonctionnaires : une réponse à la hauteur des enjeux ?, Institut Montaigne (2016)
- Fonction publique : pas d'augmentation générale des salaires en vue en 2026, Maire info (2025)
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