Faut-il augmenter la capacité de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ?

· Environnement et énergie

Des riverains et des ONG ont manifesté le 12 octobre devant le siège du Groupe ADP contre l'extension prévue de l'aéroport de Roissy-CDG.

Un avion de ligne stationné à une porte d'embarquement, sous un ciel nuageux, en noir et blanc.
Photo Kevin Bosc / Unsplash (licence Unsplash), recadrée en 3:4

Le contexte

« Roissy, tu nous enfumes ». Lundi 12 octobre, une soixantaine de personnes ont manifesté devant le siège du Groupe ADP, juste avant une réunion publique. Il y avait là l'association de riverains ADVOCNAR, le réseau d'ONG « Rester sur Terre » et un conseiller régional écologiste. Ils demandent au gouvernement d'annuler l'extension de l'aéroport.

Le Terminal 4 a été abandonné en 2021. Le nouveau projet passe par le contrat de régulation que l'État et ADP ont négocié pour 2027-2034 : 8,2 milliards d'euros d'investissements pour les aéroports parisiens, sans nouveau terminal à Roissy, mais avec de nouvelles portes d'embarquement, le développement d'un satellite, un meilleur traitement des bagages et des contrôles aux frontières. Le texte doit encore recevoir l'avis de l'Autorité de régulation des transports, pour une entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2027.

Ce que craignent les opposants

ADP table sur une croissance du trafic parisien de 1,9 % par an en moyenne. Selon l'ONG Transport & Environment, Roissy viserait environ 88 millions de passagers par an en 2035, et ses émissions de CO2 seraient en 2050 supérieures de 28 % à ce qu'elles seraient sans le projet. Roissy concentre près de 40 % du trafic aérien français. Le PDG d'ADP, Philippe Pascal, présente au contraire ce programme comme un moyen de renforcer la compétitivité des aéroports parisiens et l'attractivité de la France.

Les arguments pour

  • Mieux vaut agrandir l'existant que construire un nouveau terminal Après l'abandon du Terminal 4 en 2021, ADP a choisi d'optimiser ses installations actuelles avant toute extension lourde : nouvelles portes, développement d'un satellite, bagages et contrôles plus rapides. Le projet se veut plus progressif que celui qui avait été abandonné.
  • Des files d'attente plus courtes aux frontières et aux bagages Une partie des investissements vise directement le parcours des passagers : nouvelles capacités de contrôle aux frontières, meilleures installations de bagages et nouveau train de correspondance à Roissy.
  • Des aéroports parisiens plus compétitifs rendent la France plus attractive Le PDG d'ADP présente ce programme comme le plus ambitieux jamais entrepris à Paris, pour renforcer la compétitivité des aéroports parisiens et l'attractivité de la France. ADP prévoit une croissance du trafic de 1,9 % par an d'ici 2034.

Les arguments contre

  • Plus de vols, c'est plus de CO2 au moment où il faudrait en émettre moins Selon Transport & Environment, les émissions liées à Roissy dépasseraient 6 millions de tonnes de CO2 par an en 2050, 28 % de plus que sans le projet. L'ONG compare ce chiffre au budget indicatif d'environ 2,4 millions de tonnes prévu pour l'aérien international dans la stratégie climat de la France.
  • La santé des riverains en pâtirait L'association de riverains ADVOCNAR, présente à la manifestation, met en avant l'impact sur la santé des habitants proches de l'aéroport. Les opposants évoquent jusqu'à 350 vols de plus par jour d'ici 2050, l'équivalent du trafic de l'aéroport de Marseille.

Sources

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