Faut-il augmenter les bourses étudiantes de 200 euros par mois ?

· Éducation

Les principales organisations étudiantes, mobilisées avec les lycéens, réclament une hausse de 200 euros par mois des bourses sur critères sociaux.

Une grande salle de bibliothèque universitaire ancienne, avec ses rayonnages de livres et une personne lisant à une table
Photo Zoshua Colah, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration, lieu non précisé ; recadrée en 3:4

Le contexte

Les lycéens sont mobilisés depuis la mi-septembre, et les organisations étudiantes ont rejoint le mouvement. Parmi leurs revendications, la Fage, l'Union étudiante et l'Unef demandent, selon l'AFP, « une réforme des bourses étudiantes, leur augmentation de 200 euros par mois ». Elles chiffrent à 10 milliards d'euros le coût de leurs dix revendications principales, qui comprennent aussi 250 000 places supplémentaires dans le supérieur public.

En 2026-2027, une bourse sur critères sociaux va de 1 454 euros par an à l'échelon 0 bis à 6 335 euros à l'échelon 7, versés sur dix mois. Au plus haut échelon, cela représente 633,50 euros par mois. Les boursiers sont aussi exonérés des frais d'inscription à l'université.

Selon un rapport du Sénat sur le budget 2026, 662 000 étudiants étaient boursiers en 2024-2025, le nombre le plus bas depuis 2015. Ils représentaient 35,8 % des inscrits, la part la plus faible depuis 2012. 31 % des boursiers touchent moins de 150 euros par mois. Le projet de budget 2026 prévoyait 2,32 milliards d'euros pour les bourses, en baisse de 1,5 %.

Le gouvernement avait prévu une réforme en deux étapes. La première, à la rentrée 2023, a augmenté toutes les bourses de 37 euros par mois. La seconde, que le Sénat estimait à 400 millions d'euros, était toujours suspendue fin 2025 pour des raisons budgétaires.

Les arguments pour

  • Près d'un boursier sur trois touche moins de 150 euros par mois Selon le Sénat, 31 % des boursiers reçoivent moins de 150 euros par mois. À l'échelon 0 bis, la bourse annuelle de 1 454 euros revient à environ 145 euros par mois : 200 euros de plus en ferait plus que doubler le montant.
  • Les effets de la hausse de 2023 se dissipent déjà La réforme de 2023 a ajouté 37 euros par mois à toutes les bourses. Mais selon le rapporteur du Sénat, ses effets positifs se dissipent, faute de réévaluation du barème d'éligibilité.

Les arguments contre

  • La facture dépasserait un milliard d'euros par an Avec 662 000 boursiers payés dix mois par an, 200 euros de plus par mois coûteraient environ 1,3 milliard d'euros chaque année. Cela représente plus de la moitié des 2,32 milliards prévus pour les bourses dans le projet de budget 2026.
  • Une réforme trois fois moins chère a déjà été suspendue faute d'argent La seconde étape de la réforme des bourses, que le Sénat estimait à 400 millions d'euros, a été reportée pour des raisons budgétaires. Une hausse de 200 euros par mois coûterait plus de trois fois plus.
  • Les boursiers les mieux dotés toucheraient autant que les plus modestes Les 200 euros s'ajouteraient aussi bien aux 145 euros mensuels de l'échelon 0 bis qu'aux 633,50 euros de l'échelon 7 : l'écart en euros entre les deux échelons resterait le même.

Sources

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