Faut-il moins indemniser les arrêts maladie courts pour mieux couvrir les arrêts longs ?

· Travail et protection sociale

Le ministre du Travail demande aux syndicats et au patronat de trouver d’ici le 19 décembre un milliard d’euros d’économies sur les arrêts maladie.

Personne allongée dans son lit, le visage caché sous un oreiller, tenant ses lunettes à la main.
Photo : Isabella Fischer / Unsplash, licence Unsplash (recadrage 3:4)

Le contexte

Aujourd’hui, un salarié du privé en arrêt maladie touche des indemnités journalières de la Sécurité sociale à partir du quatrième jour : les trois premiers sont des jours de carence, souvent compensés en partie par l’employeur. L’indemnité vaut 50 % du salaire journalier, dans la limite de 42,97 euros bruts par jour.

Dans un courrier envoyé cette semaine, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, demande aux partenaires sociaux de conclure d’ici le 19 décembre une réforme « structurelle » pour économiser 1 milliard d’euros par an. Le nombre d’arrêts indemnisés a augmenté de 10 % entre 2019 et 2025, à 9,1 millions, pour un coût de 17,9 milliards d’euros.

Les pistes sur la table

Le gouvernement évoque une révision de la durée et du plafond d’indemnisation, du complément versé par l’employeur, plus de prévention et de nouveaux outils de contrôle. Son entourage cite l’exemple de pays européens qui protègent moins les arrêts courts pour mieux couvrir les arrêts longs. Fin septembre, le président du Medef, Patrick Martin, avait suggéré de ne plus rembourser les petits arrêts.

Les arguments pour

  • Mieux protéger ceux qui sont durablement malades À budget contraint, l’argent économisé sur les arrêts de quelques jours peut servir à mieux indemniser les maladies longues, qui font vraiment chuter les revenus. C’est la logique des pays européens cités par le ministère.
  • Freiner la hausse des arrêts courts qui désorganisent les entreprises Les arrêts indemnisés ont augmenté de 10 % depuis 2019 et coûtent près de 18 milliards d’euros. Le ministre juge que le système « désorganise les entreprises » ; le Medef parle d’une hausse parfois « suspecte » des petits arrêts.

Les arguments contre

  • Les salariés modestes iraient travailler malades plutôt que perdre de l’argent Avec déjà trois jours de carence et une indemnité limitée à la moitié du salaire, réduire encore la couverture des arrêts courts pousserait ceux qui ont peu de marge à venir travailler malades, au risque de contaminer leurs collègues.
  • Les salariés paieraient pour une hausse qui ne dépend pas d’eux La hausse des arrêts tient aussi aux conditions de travail et au vieillissement des salariés. Le Medef lui-même refuse que le coût soit reporté sur les entreprises et les complémentaires, ce qui laisserait la facture aux malades.

Sources

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