Approuvez-vous que l’armée américaine diffuse en direct l’exécution du tireur de Fort Hood ?

· Europe et international

Le Pentagone prévoit de fusiller le 3 décembre Nidal Hasan, condamné à mort pour la tuerie de Fort Hood en 2009, et de diffuser l’exécution en direct.

Caméra vidéo professionnelle montée sur un trépied, objectif et micro tournés vers la gauche, en extérieur.
Denny Müller, Unsplash, licence Unsplash, recadré en 3:4

Le contexte

Le 5 novembre 2009, sur la base militaire de Fort Hood, au Texas, le commandant Nidal Hasan, psychiatre de l’armée, a ouvert le feu sur des soldats qui s’apprêtaient à partir en Afghanistan. Treize personnes ont été tuées et 32 blessées. En 2013, une cour martiale l’a condamné à mort.

Lundi 5 octobre, le Pentagone a annoncé que Donald Trump avait approuvé son exécution par un peloton de soldats, sur recommandation du ministre de la Défense, Pete Hegseth. Cette semaine, l’armée a fixé la date au 3 décembre, à Fort Hood, et confirmé que l’exécution serait diffusée en direct. « Nous veillerons à ce que les gens puissent le regarder », a déclaré Pete Hegseth, pour que chacun comprenne qu’il y a « des conséquences graves à ce genre d’actes ».

Une première depuis 1961

L’armée américaine n’a exécuté personne depuis 1961. Le Pentagone n’a pas précisé où ni comment le public pourrait regarder. Meta, YouTube, TikTok et X limitent les images de mort ou de violence extrême, et aucune grande plateforme n’a confirmé qu’elle diffuserait l’exécution. Les recours encore possibles devant la justice fédérale pourraient aussi repousser la date, selon des juristes cités par la presse.

Pour Eugene Fidell, spécialiste du droit militaire à Yale, diffuser une exécution est « tellement moyenâgeux ». L’avocat John Mills, qui défend des condamnés à mort, y voit surtout une manière d’attirer l’attention.

Les arguments pour

  • Une peine prononcée au nom du public peut être vue par le public Pete Hegseth justifie la diffusion par la nécessité de montrer les conséquences d’un tel crime. Si un État assume la peine de mort, ses partisans estiment qu’il doit aussi assumer de la montrer plutôt que de l’exécuter à huis clos.
  • Filmer l’exécution permet de vérifier qu’elle se déroule sans bavure Le débat sur les méthodes d’exécution a été relancé aux États-Unis après l’exécution ratée de Christa Pike. Une diffusion publique empêche de cacher un incident de ce genre derrière les murs d’une prison.

Les arguments contre

  • Diffuser la mort d’un homme en direct en fait un spectacle Pour Eugene Fidell, spécialiste du droit militaire à Yale, c’est un retour à des pratiques « moyenâgeuses » que l’on croyait dépassées. Ces images resteraient en ligne et pourraient être vues par n’importe qui, bien au-delà de ceux qui ont choisi de regarder.
  • La diffusion ressemble davantage à un coup politique qu’à une exigence de justice L’avocat John Mills y voit une recherche d’attention de l’administration Trump, d’autant que les plateformes refusent ce type d’images et que les recours pourraient retarder l’exécution de plusieurs années. Annoncer un direct que personne n’est sûr de pouvoir organiser sert d’abord le message.

Sources

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