L’Arcom doit-elle mettre en demeure CNews pour sa façon de traiter l’écologie ?

· Culture et médias

La Fondation Jean-Jaurès et l’association QuotaClimat ont demandé le 5 octobre à l’Arcom de mettre en demeure CNews pour son traitement de l’environnement.

Main tenant une télécommande pointée vers un téléviseur allumé, flou à l’arrière-plan.
Road Ahead / Unsplash, licence Unsplash, recadrage 3:4

Le contexte

Lundi 5 octobre, la Fondation Jean-Jaurès, un cercle de réflexion proche de la gauche, et l’association QuotaClimat ont demandé à l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, de mettre en demeure CNews. Elles reprochent à la chaîne de manquer aux exigences de pluralisme, de rigueur et d’honnêteté de l’information sur les sujets environnementaux.

Leur étude porte sur près de 70 heures de programmes diffusés en juillet 2025 sur les quatre chaînes d’info en continu : CNews, BFMTV, LCI et franceinfo. CNews y consacre environ 2 % de son temps d’antenne à l’environnement, contre 3,4 % en moyenne. Elle concentre surtout 63 des 98 cas de désinformation climatique relevés sur les quatre chaînes. Pendant la période étudiée, aucun avis défavorable à la loi Duplomb, qui a assoupli l’usage de certains insecticides, n’a été diffusé sur son antenne.

Ce que répond la chaîne

CNews, qui appartient au groupe contrôlé par Vincent Bolloré, conteste un périmètre « limité » et des choix de méthode « discutables ». Pour elle, le pluralisme ne peut pas se réduire à un partage mécanique du temps d’antenne entre les points de vue.

La chaîne a déjà eu affaire au régulateur. En 2024, elle a été la première chaîne d’info sanctionnée, d’une amende de 20 000 euros, pour des propos niant l’influence humaine sur le réchauffement restés sans contradiction. En juin dernier, l’Arcom lui a demandé de mieux refléter la diversité des opinions sur la sécurité, l’immigration ou l’islam. Mais elle a aussi refusé, cette année, de la mettre en demeure après une autre séquence signalée par QuotaClimat, un refus que l’association conteste devant le Conseil d’État.

Les arguments pour

  • La chaîne concentre près des deux tiers des fausses informations climatiques relevées Sur les 98 cas de désinformation climatique repérés dans l’étude, 63 viennent de CNews. Les chaînes d’info sont tenues à une exigence d’honnêteté, et une telle proportion laisse les téléspectateurs face à des erreurs que personne ne corrige à l’antenne.
  • Sur certains sujets, le public n’entend qu’un seul son de cloche Pendant la période étudiée, aucun point de vue défavorable à la loi Duplomb n’a été diffusé sur CNews, et 69 % des longues séquences sur l’environnement remettaient en cause un point du débat, comme la place des énergies renouvelables. Le pluralisme suppose que les avis contraires aient aussi la parole.
  • Les rappels à l’ordre précédents n’ont pas suffi L’amende de 20 000 euros de 2024, confirmée par le Conseil d’État, puis la demande de l’Arcom en juin n’ont pas empêché de nouveaux signalements. Une mise en demeure ouvre la voie à des sanctions plus lourdes en cas de récidive.

Les arguments contre

  • Le pluralisme ne se mesure pas au chronomètre CNews rappelle qu’on ne peut pas juger une chaîne en comptant les minutes accordées à chaque sujet. L’étude ne porte que sur 70 heures de programmes d’un seul mois, il y a plus d’un an, ce qui fragilise ses conclusions sur l’ensemble de l’antenne.
  • Une étude portée par un camp politique ne devrait pas suffire à sanctionner un média La Fondation Jean-Jaurès est proche de la gauche, et la demande intervient à quelques mois de la présidentielle. Si le régulateur suivait trop vite, il prendrait le risque de paraître arbitrer le débat public. L’Arcom elle-même a refusé cette année une autre mise en demeure réclamée par QuotaClimat.

Sources

Sondage clos le .

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