Faut-il verser environ 500 euros par mois, pendant un an au plus, aux jeunes diplômés sans ressources qui cherchent un emploi ?

· Travail et protection sociale

L'ancienne Première ministre Élisabeth Borne propose une allocation temporaire d'environ 500 euros par mois, pendant un an au plus, pour les jeunes diplômés en difficulté.

Les mains d'une personne en pull tapent sur le clavier d'un ordinateur portable.
Christin Hume / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Le mercredi 4 novembre, dans Le Parisien, Élisabeth Borne a proposé une « allocation temporaire de l'ordre de 500 euros par mois », versée « jusqu'à un an » aux jeunes diplômés en difficulté. Elle serait accordée « sous conditions de ressources et de recherche active d'emploi ». Interrogée sur le coût, la députée du Calvados n'avance aucun chiffre ni aucun financement et critique surtout les choix budgétaires des responsables politiques.

Elle justifie l'idée par la situation des jeunes à la sortie des études : « vous n'avez ni bourse ni revenu ». L'allocation pourrait s'accompagner du maintien de certains droits étudiants, comme l'accès au restaurant universitaire. Elle propose aussi de permettre de reprendre une formation, notamment après un premier emploi, grâce au compte personnel de formation (CPF).

Après la mobilisation lycéenne et étudiante

Élisabeth Borne réagit au mouvement lycéen et étudiant des dernières semaines. Elle juge que les mesures annoncées par le gouvernement vont dans le bon sens, mais qu'à moins de six mois de la présidentielle, l'exécutif ne peut pas porter de transformations structurelles.

Pendant la crise du Covid, le gouvernement avait créé une aide allant jusqu'à 500 euros par mois pour les jeunes diplômés de moins de 30 ans, anciens boursiers et sans ressources, pendant quatre mois au maximum. En novembre 2021, l'Assemblée a voté la création du contrat d'engagement jeune, qui prévoyait jusqu'à 500 euros par mois pour les moins de 26 ans sans emploi ni formation, en échange de 15 à 20 heures d'accompagnement par semaine.

Les arguments pour

  • Entre le diplôme et le premier emploi, un jeune peut se retrouver sans aucun revenu Élisabeth Borne part de ce constat : à la fin des études, la bourse s'arrête et le salaire n'est pas encore là. Une aide temporaire, réservée à ceux qui ont peu de ressources et cherchent activement, leur assurerait un revenu pendant leur recherche.
  • Une aide de ce type a déjà été versée pendant la crise du Covid Pendant la crise du Covid, les jeunes diplômés de moins de 30 ans, anciens boursiers et sans ressources, pouvaient recevoir jusqu'à 500 euros par mois pendant quatre mois, avec un suivi par Pôle emploi ou l'Apec. Annoncée par le gouvernement fin novembre 2020, l'aide a été attribuée jusqu'au 30 juin 2021.

Les arguments contre

  • La proposition n'est ni chiffrée ni financée Élisabeth Borne n'avance ni coût ni mode de financement. Une allocation nouvelle s'ajouterait aux dépenses publiques sans recette identifiée en face.
  • Une aide avec contreparties a déjà été créée pour les jeunes sans emploi Fin 2021, les députés ont voté la création du contrat d'engagement jeune, qui prévoyait jusqu'à 500 euros par mois pour les moins de 26 ans sans emploi ni formation depuis plusieurs mois, en échange de 15 à 20 heures de formation ou d'accompagnement par semaine. Plutôt que de créer une allocation de plus, on pourrait passer par ce type de dispositif, qui associe aide financière et accompagnement.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON