Approuvez-vous l’accord qui freine l’arrivée de voitures hybrides chinoises en Europe ?

· Europe et international

Le 9 octobre, la Chine a accepté de « modérer » ses exportations de voitures hybrides vers l’Union européenne, a annoncé le commissaire européen au Commerce.

Avant d’une voiture blanche de la marque chinoise BYD exposée dans un salon automobile.
Photo : Michael Förtsch / Unsplash, licence Unsplash (recadrage 3:4)

Le contexte

BYD, MG, Leapmotor… Les SUV hybrides chinois gagnent du terrain dans les concessions européennes. Le 9 octobre, au terme de deux jours de discussions à Pékin, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a annoncé que la Chine acceptait de freiner ses exportations de voitures hybrides et hybrides rechargeables vers l’Union.

Il évoque une réduction de « plus de moitié » de ces exportations, soit plusieurs millions de véhicules en moins sur quatre ans, sans plafond chiffré rendu public. En échange de la désescalade, Pékin baisse ses droits de douane sur environ 4 milliards d’euros de produits européens et se dit disposé à faciliter les licences d’exportation de terres rares. L’Union accuse un déficit commercial d’environ un milliard d’euros par jour avec la Chine.

Ce qui reste à décider

Maroš Šefčovič parle d’un « premier pas crucial ». La décision finale doit être prise par les chefs d’État et de gouvernement européens lors du sommet de la semaine prochaine à Bruxelles. Les constructeurs européens (ACEA) saluent une avancée, tandis que la Chambre de commerce de l’UE en Chine juge une escalade toujours possible.

Les arguments pour

  • Protéger les usines automobiles européennes face à une concurrence massive Les hybrides échappaient aux droits de douane visant les voitures électriques chinoises. Freiner leur arrivée de plusieurs millions d’unités laisse du temps aux constructeurs européens, qui saluent l’accord, et aux emplois qui en dépendent.
  • Un accord négocié vaut mieux qu’une guerre commerciale Plutôt que de relever brutalement les droits de douane, l’Union obtient une limitation consentie, des baisses de taxes chinoises sur 4 milliards d’euros de produits européens et un accès facilité aux terres rares dont son industrie dépend.

Les arguments contre

  • Moins de voitures chinoises, c’est moins de modèles abordables pour les acheteurs Les hybrides chinois arrivent souvent avec des prix agressifs. En limitant l’offre, l’accord réduit la pression sur les tarifs des marques européennes, au détriment des ménages qui cherchent une voiture moins chère.
  • Un engagement flou, sans plafond chiffré ni garantie Aucun plafond précis n’a été rendu public et Šefčovič lui-même parle d’un premier pas. La Chambre de commerce de l’UE en Chine juge une escalade toujours possible : rien n’oblige Pékin à tenir sa promesse dans la durée.

Sources

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