Approuvez-vous l'envoi de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées qui manquent d'enseignants ?
· Éducation
Les 3 000 professeurs remplaçants promis par le ministre de l'Éducation pour répondre au mouvement lycéen doivent être déployés à partir du 13 octobre.
Le contexte
Des heures de cours qui sautent faute de professeur : c'est l'une des colères qui alimentent le mouvement lycéen. Le 8 octobre au soir, sur TF1, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a présenté un « plan d'urgence ». Il prévoit de réaffecter 3 000 professeurs remplaçants qui n'avaient pas de remplacement à effectuer vers les lycées les plus en difficulté, répartis « par bassin de vie ».
Le ministère a classé 114 lycées en « rouge » et 400 en « orange », en s'aidant d'un logiciel d'intelligence artificielle pour repérer les manques. Les proviseurs doivent aussi disposer de « plusieurs centaines de milliers d'heures » supplémentaires, confiées à des volontaires pour des remplacements courts. Le coût annoncé se chiffre en « plusieurs dizaines de millions d'euros » cette année. Le déploiement commence le mardi 13 octobre.
Ce que contestent les syndicats
Au SNES-FSU de Toulouse, Pierre Priouret prévoit des professeurs envoyés hors de leur discipline, parfois à 100 ou 150 kilomètres de chez eux, pour des missions d'une semaine. Il parle de « garderie » et rappelle que les lycéens réclament des enseignants à l'année. Au Sénat, la socialiste Colombe Brossel doute que ces 3 000 enseignants existent vraiment, et le LR Max Brisson juge que le vrai problème reste le manque d'attractivité du métier.
Les arguments pour
- Des enseignants déjà payés mais sans remplacement à faire retrouvent des élèves Les 3 000 professeurs concernés sont des titulaires en zone de remplacement qui n'avaient, pour l'instant, aucun remplacement à effectuer. Les envoyer là où des cours ne sont pas assurés utilise une ressource qui existe déjà, sans attendre de nouveaux recrutements.
- Les lycées les plus touchés peuvent combler des trous tout de suite Le plan cible 114 lycées en « rouge » et 400 en « orange », et donne aux proviseurs des centaines de milliers d'heures supplémentaires pour des remplacements courts. Pour un élève de terminale qui perd des heures avant le bac, quelques semaines de cours retrouvées comptent.
Les arguments contre
- Un remplaçant parachuté pour une semaine ne remplace pas un professeur à l'année Le SNES-FSU de Toulouse prévoit des affectations d'une semaine, parfois hors de la discipline du professeur, par exemple un enseignant de philosophie en sciences physiques. Le syndicat y voit de la garderie plutôt que de l'enseignement.
- Des trajets de 100 à 150 kilomètres rendent la mesure difficile à tenir Selon le SNES-FSU, certains enseignants devront travailler loin de chez eux, avec le temps et le carburant que cela suppose, voire enchaîner deux remplacements dans deux établissements le même jour.
- La mesure ne règle pas le manque de candidats au métier Pour le sénateur LR Max Brisson, des postes ouverts ne trouvent pas preneur faute d'attractivité du métier. Le SNES-FSU réclame plutôt la titularisation des contractuels, dont beaucoup n'ont pas été réembauchés à la rentrée.
Sources
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