L'Union européenne doit-elle accélérer le processus d'adhésion de la Serbie après la défaite de Vučić ?

· Europe et international

Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite aux législatives serbes du 25 octobre face au mouvement étudiant, et Ursula von der Leyen a assuré que l'UE était prête à faire avancer l'avenir de la Serbie en son sein.

La statue du Vainqueur sur sa haute colonne, dans la forteresse de Kalemegdan, au-dessus du confluent de la Save et du Danube
Photo Dimitrije Milenkovic, Unsplash (licence Unsplash) ; Kalemegdan, Belgrade, Serbie ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le mouvement étudiant serbe a remporté les législatives anticipées du 25 octobre face au Parti progressiste serbe d'Aleksandar Vučić. Celui-ci a reconnu sa défaite : selon ses propres estimations, la liste étudiante obtiendrait 135 à 140 sièges, contre 105 pour son camp. Les résultats définitifs n'étaient pas encore connus dimanche soir, a précisé Aleksandar Vučić, selon la RTBF.

La participation frôlait 65 % à 18 heures, deux heures avant la fermeture des bureaux, « au plus haut depuis plus de 30 ans », selon la RTBF. Le mouvement est né après l'effondrement en 2024 d'un auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait seize morts et que les étudiants imputent à la corruption, selon l'AFP. Sa liste n'avait pas de tête d'affiche et réunissait des candidats de la société civile.

La Serbie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne. Son rapprochement avec Bruxelles se heurte à plusieurs obstacles, rappelle Euronews : les préoccupations liées à l'État de droit, l'alignement limité du pays sur la politique étrangère de l'UE et les relations étroites de Belgrade avec Moscou.

Après les résultats, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que l'UE était prête à soutenir des réformes sur l'État de droit, la liberté des médias et la lutte contre la corruption, et à faire avancer l'avenir de la Serbie au sein de l'Union, selon l'AFP. Aleksandar Vučić a, lui, dénoncé une « révolution menée avec le soutien direct de plusieurs pays européens et de l'État profond américain », selon l'AFP.

Les arguments pour

  • Les vainqueurs réclament les réformes que l'UE attend Le mouvement étudiant réclame le respect de l'État de droit et l'indépendance des institutions. Or l'État de droit fait partie des obstacles à l'adhésion de la Serbie, selon Euronews. Ursula von der Leyen a assuré que l'UE était prête à soutenir des réformes sur l'État de droit, selon l'AFP.
  • Ancrer la Serbie à l'Europe l'éloignerait de Moscou Les relations étroites de Belgrade avec la Russie freinent son rapprochement avec l'UE, selon Euronews. Une perspective d'adhésion plus proche inciterait la future majorité à prendre ses distances avec Moscou.

Les arguments contre

  • Une élection ne règle pas les problèmes qui bloquent l'adhésion Euronews rappelle que l'État de droit et l'alignement limité de la Serbie sur la politique étrangère de l'UE posent problème. L'UE devrait attendre que ces réformes soient engagées avant d'accélérer le processus.
  • La nouvelle majorité n'a pas encore fait ses preuves La liste étudiante n'avait pas de tête d'affiche et réunissait des candidats de la société civile, dont le seul point commun était de vouloir battre le parti de Vučić, selon l'AFP.

Sources

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