Les syndicats doivent-ils prolonger la grève au-delà du 5 novembre ?

· Travail et protection sociale

Tous les syndicats appellent à la grève le jeudi 5 novembre ; Solidaires Seine-Saint-Denis veut la reconduire dès le lendemain et la FSU juge qu'une journée ne suffira pas.

Des manifestants avec des drapeaux CGT derrière une banderole réclamant des salaires
Photo Camille Airvault, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le jeudi 5 novembre, salariés du privé et agents du public sont appelés à faire grève et à manifester, après des semaines de mobilisation des jeunes et de protestation contre la vie chère. Lancé début octobre par la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU, l'appel a été rejoint par tous les syndicats, dont la CFE-CGC et la CFTC, rapporte l'AFP. C'est la première fois depuis la rentrée que le privé et le public se mobilisent ensemble.

Les syndicats demandent des hausses de salaires et la protection des services publics ; la CGT réclame aussi une révision du projet de budget du gouvernement. Reçus à Matignon fin octobre, ils n'ont obtenu aucune mesure, même si une hausse du Smic a été évoquée. Des appels ont été lancés notamment dans l'enseignement privé, les mutuelles, les banques, chez les médecins et les pharmaciens.

Qui veut aller plus loin

Selon l'AFP, seul Solidaires évoque une reconduction de la grève après le jeudi 5 novembre. Solidaires Seine-Saint-Denis appelle à reconduire le mouvement dès le 6 novembre. À Rennes, les sections locales de la CGT, de la FSU et de Solidaires, avec d'autres organisations, ont appelé à préparer « la massification et la généralisation de la grève à partir du 5 novembre ». Au niveau national, la FSU estime qu'« une journée ne suffira pas ». La coordination des gilets jaunes appelle à poursuivre blocages, grèves et manifestations les 6 et 7 novembre.

Les pillages survenus à l'issue de la mobilisation du 17 octobre restent dans les esprits. La CFE-CGC juge les conditions de sécurité réunies pour le 5 novembre, mais reste préoccupée pour ses fédérations du commerce, de la banque et des assurances. Comme de coutume, le cortège du 5 novembre sera encadré par les syndicats. Les samedis 24 et 31 octobre, la préfecture avait refusé les itinéraires déposés dans le centre de Paris.

Les arguments pour

  • La rencontre à Matignon n'a débouché sur aucune mesure Reçus à Matignon fin octobre, les syndicats sont repartis sans engagement, hormis une hausse du Smic évoquée. Pour la FSU, « une journée ne suffira pas ».
  • Seule une grève qui dure coûte assez cher aux employeurs pour les faire céder Solidaires Seine-Saint-Denis appelle à reconduire la grève dès le 6 novembre « pour construire un rapport de force suffisant ». Selon ce syndicat, le coût du conflit doit devenir, pour les patrons, plus élevé que les profits qu'ils tirent du travail des salariés.

Les arguments contre

  • Prolonger le mouvement multiplie les occasions de débordements Des violences ont émaillé plusieurs mobilisations ces dernières semaines, et des pillages ont suivi celle du 17 octobre. La CFE-CGC, qui juge la sécurité assurée pour le 5 novembre, reste préoccupée pour ses fédérations du commerce, de la banque et des assurances.
  • Le gouvernement a commencé à ouvrir la porte à des mesures À Matignon, une hausse du Smic a été évoquée. Pour la CFTC, la journée du 5 novembre sert à « garder cette pression-là » afin que les mesures sur lesquelles il y a eu « enfin une ouverture » se concrétisent.

Sources

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