Le jury du Renaudot doit-il retirer de sa sélection le roman de Thélyson Orélien ?
· Culture et médias
L'éditeur canadien de Thélyson Orélien a rompu avec lui le 21 octobre en disant avoir trouvé des traces d'IA dans ses documents de travail ; son roman reste en lice pour le prix Renaudot.
Le contexte
Le 21 octobre, les éditions du Boréal, éditeur québécois de Thélyson Orélien, ont annoncé qu'elles ne réimprimeraient plus son roman « C'était ça ou mourir » et ne publieraient plus ses livres. Une analyse externe a relevé « des traces de balises d'IA dans les métadonnées de certains documents » de travail, selon la maison, qui reconnaît ignorer dans quelle mesure l'IA a servi à écrire le livre.
Les soupçons ont été lancés le 21 septembre par un compte X qui s'appuyait notamment sur un outil de détection de textes générés par IA. Le 13 octobre, l'auteur a nié tout usage de l'IA : il affirme qu'aucune phrase du roman n'a été créée par une machine et reconnaît seulement des recherches ponctuelles avec des outils numériques. Il a en revanche admis avoir plagié des auteurs reconnus après son arrivée au Canada. La Presse a notamment révélé qu'une de ses chroniques de 2013 était la traduction remaniée d'un article du Philippine Star.
Ce qu'ont décidé le Goncourt et le Renaudot
Le 25 septembre, l'Académie Goncourt a retiré le livre de sa sélection pour préserver « l'intégrité du prix Goncourt ». Le jury du Renaudot l'a au contraire maintenu le 7 octobre dans sa deuxième sélection de neuf romans.
Le calendrier du Renaudot
Le Renaudot annoncera sa troisième sélection le 28 octobre et son lauréat le 3 novembre. Publié en France par Grasset, le roman a dépassé 94 000 exemplaires vendus selon NielsenIQ BookData et a reçu le prix du Roman Fnac 2026. Grasset n'a pas précisé les conséquences de la rupture pour la publication en France.
Les arguments pour
- Son éditeur québécois a cessé de lui faire confiance après avoir trouvé des traces d'IA Boréal a relevé des traces d'IA dans les métadonnées de documents de travail de l'auteur et a renoncé à réimprimer le roman. Pour la maison, la question est « celle de la confiance entre auteurs et éditeurs ».
- Garder le livre expose le prix à couronner un texte écrit en partie par une machine L'Académie Goncourt a écarté le roman dès le 25 septembre, disant vouloir préserver « l'intégrité du prix Goncourt ». Si le Renaudot le couronnait le 3 novembre et que l'usage de l'IA se confirmait ensuite, le prix aurait récompensé un texte en partie écrit par une machine.
- L'auteur a déjà reconnu avoir copié d'autres écrivains Thélyson Orélien a admis avoir plagié des auteurs reconnus dans des textes antérieurs, des « erreurs inacceptables » selon lui, et s'en est excusé. Ces aveux pèsent sur le crédit qu'on peut accorder à ses dénégations sur le roman.
Les arguments contre
- Personne ne sait quelle part du roman doit réellement à l'IA Boréal lui-même écrit : « Nous ignorons toujours dans quelle mesure l'IA a été utilisée ». La maison ne précise ni les documents ni les logiciels concernés, et l'auteur affirme qu'aucune phrase n'a été écrite par une machine.
- Retirer le livre sanctionnerait l'auteur sans preuve établie Le jury du Renaudot a choisi le 7 octobre de garder le roman en lice. Quelques jours avant que le Goncourt ne l'écarte, son président, Philippe Claudel, estimait qu'il faudrait des « preuves irréfutables » pour prendre une décision sur le roman.
Sources
- « De nouveaux éléments indiquent que l'IA a été utilisée » : les éditions du Boréal rompent avec Thélyson Orélien, Livres Hebdo (2026)
- Thélyson Orélien : après les démentis, son éditeur confirme l'utilisation de l'IA, ActuaLitté (2026)
- Thélyson Orélien nie avoir utilisé l'IA pour « C'était ça ou mourir » mais reconnaît des plagiats, Livres Hebdo (2026)
- Thélyson Orélien : la polémique bouleverse le monde du livre, Livres Hebdo (2026)
- La deuxième sélection du prix Renaudot 2026, Livres Hebdo (2026)
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