Le Québec doit-il organiser un troisième référendum sur son indépendance ?
· Europe et international
Vainqueur des élections québécoises du 5 octobre, le Parti québécois promet un nouveau référendum sur l’indépendance, pas avant le départ de Donald Trump en janvier 2029.
Le contexte
Lundi 5 octobre, les électeurs du Québec ont porté le Parti québécois au pouvoir, pour la première fois depuis plus de dix ans. Avec environ 28 % des voix et 59 sièges selon les résultats préliminaires, il lui en manque quelques-uns pour la majorité absolue, fixée à 64. Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, va diriger un gouvernement minoritaire. La Coalition avenir Québec, au pouvoir depuis huit ans, perd tous ses sièges.
Le nouveau Premier ministre veut organiser pendant son mandat un troisième référendum sur la souveraineté, après ceux de 1980 et 1995, tous deux perdus par les indépendantistes, le second de justesse. Il attendra que Donald Trump ait quitté la Maison-Blanche, en janvier 2029. Son parti chiffre l’opération à 130 millions de dollars canadiens.
Ce que défendent les souverainistes
Pour le Parti québécois, l’indépendance est une « question de survie » pour l’identité francophone du Québec, qui « mérite » d’être un pays. Son chef assure que le projet ne vise pas à exclure les Canadiens des autres provinces.
Un soutien encore minoritaire
Selon un sondage récent, environ 31 % des Québécois voteraient oui à la séparation, un niveau historiquement bas. Pour le politologue Daniel Béland, le vote a d’abord sanctionné le gouvernement sortant. Le Parti libéral, devenu l’opposition officielle, promet de combattre le référendum. À Ottawa, le Premier ministre Mark Carney a répondu qu’un Québec plus fort renforce le Canada.
Les arguments pour
- Un pays indépendant protégerait mieux la langue française en Amérique du Nord Le Parti québécois présente l’indépendance comme une « question de survie » pour l’identité francophone du Québec. Un État souverain fixerait seul ses règles pour défendre le français, sans dépendre des choix d’Ottawa.
- Les Québécois ont élu un parti qui l’avait promis, ils doivent pouvoir trancher Le référendum figurait clairement au programme du Parti québécois, arrivé en tête. Son chef estime que la démocratie a un prix, mais qu’elle vaut mieux qu’un système où la population n’est jamais consultée sur son avenir.
- Fini les doublons entre Québec et Ottawa, selon les souverainistes Paul St-Pierre Plamondon affirme que le fédéral fait double emploi avec de nombreux programmes québécois et gaspille des milliards de dollars, citant les scandales Phoenix et ArriveCan. Un seul niveau de gouvernement serait, selon lui, plus économe.
Les arguments contre
- À peine un tiers des Québécois veulent l’indépendance Les sondages placent le oui autour de 30 %, un niveau historiquement bas, et le Parti québécois n’a obtenu que 28 % des voix. Lancer un troisième référendum avec un soutien aussi faible risquerait de diviser la province pour un résultat très probablement négatif.
- 130 millions de dollars et des années de débat, alors que le logement et la santé pressent Les adversaires du Parti québécois jugent la dépense déconnectée des soucis des habitants : coût de l’épicerie, accès au logement, santé. La campagne référendaire occuperait le gouvernement pendant des années, au détriment de ces dossiers.
Sources
- Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec, qui « mérite » d’être « un pays », dit son nouveau dirigeant, Europe 1 (avec AFP) (2026)
- Canada : les indépendantistes remportent les élections au Québec et promettent un référendum, Euronews (2026)
- Le PQ formera un gouvernement minoritaire : 5 points à retenir des élections, Noovo Info (2026)
- Les adversaires du PQ, à l’exception de QS, dénoncent l’éventuel coût d’un référendum, Noovo Info (La Presse Canadienne) (2026)
Sondage clos le .