Faut-il prolonger la ligne 1 du métro jusqu'à Val-de-Fontenay malgré les arbres à abattre en lisière du bois de Vincennes ?
· Environnement et énergie
Une concertation préalable sous l'égide de la CNDP se tient du 5 octobre au 11 décembre 2026 sur le prolongement de la ligne 1 vers Val-de-Fontenay, dont le chantier toucherait une bande d'un hectare en lisière du bois de Vincennes.
Le contexte
Entre 221 et 337 arbres abattus selon le scénario : c'est le compte qu'avance le collectif Touche pas à mon bois pour le chantier du prolongement de la ligne 1, qui occuperait à ciel ouvert une bande d'environ un hectare le long de l'avenue de Nogent, en lisière du bois de Vincennes. Île-de-France Mobilités affirme avoir réduit l'emprise au minimum et promet trois à quatre arbres replantés pour chaque arbre abattu.
Un projet qui revient de loin
Le prolongement doit ajouter environ 5 km et trois stations après Château de Vincennes : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois, Grands Pêchers à Montreuil et Val de Fontenay, en correspondance avec les RER A et E et les futures lignes 15 et T1. Île-de-France Mobilités attend 81 000 voyageurs par jour, pour un coût estimé à 1,7 milliard d'euros. Après l'enquête publique de 2022, la commission d'enquête avait refusé la déclaration d'utilité publique, jugeant la rentabilité socio-économique insuffisante, et l'Autorité environnementale avait rendu un avis défavorable, en pointant les atteintes aux milieux naturels et aux sites classé et inscrit du bois. L'État avait demandé d'approfondir les études. Le projet revient donc devant le public : la concertation préalable, encadrée par trois garantes nommées par la Commission nationale du débat public, se tient du 5 octobre au 11 décembre 2026. Un bilan et une décision sont attendus en 2027, une nouvelle enquête d'utilité publique en 2028, pour une mise en service visée en 2040.
Qui est pour, qui est contre
Le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-Philippe Gautrais, et le premier adjoint de Montreuil, Gaylord Le Chéquer, défendent un désenclavement du sud de leurs communes, aujourd'hui mal desservi, et parlent de justice sociale. La Fnaut, l'association Métro Vélo Val-de-Fontenay et France Nature Environnement Seine-Saint-Denis soutiennent les trois stations ; certains riverains y voient une alternative au RER A bondé. En face, Touche pas à mon bois et d'autres associations jugent la compensation insuffisante et rappellent le rôle du bois pour la biodiversité et pendant les canicules. Le bilan carbone du chantier, estimé à 3 300 tonnes équivalent CO2 dans les études de 2022, est jugé obsolète par Île-de-France Mobilités, qui prévoit de le recalculer avec des matériaux bas carbone.
Les arguments pour
- 81 000 voyageurs par jour pour des quartiers aujourd'hui mal desservis Le sud de Fontenay-sous-Bois et de Montreuil n'a pas de métro. Trois stations relieraient ces quartiers au centre de Paris en ligne directe et offriraient une alternative au RER A, que des contributeurs à la concertation décrivent comme souvent bondé. Pour les élus locaux, c'est une question de justice sociale.
- Un hectare en lisière, compensé trois à quatre fois Le chantier concerne une bande d'environ un hectare le long de l'avenue de Nogent, pas le cœur du bois, et Île-de-France Mobilités s'engage à replanter trois à quatre arbres pour chaque arbre abattu. Des associations environnementales comme FNE Seine-Saint-Denis soutiennent le projet, signe que l'atteinte au bois n'est pas jugée rédhibitoire par tous les défenseurs de la nature.
Les arguments contre
- Jusqu'à 337 arbres adultes abattus dans un site classé Le collectif Touche pas à mon bois compte entre 221 et 337 arbres condamnés selon le scénario, et juge la compensation promise insuffisante : il rappelle le rôle du bois pour la biodiversité et pendant les canicules. L'Autorité environnementale avait d'ailleurs rendu un avis défavorable en 2022, en pointant les atteintes aux sites classé et inscrit du bois.
- La commission d'enquête a déjà jugé le projet pas assez rentable En 2022, la commission d'enquête a refusé la déclaration d'utilité publique, estimant la rentabilité socio-économique insuffisante pour un chantier à 1,7 milliard d'euros, et l'État a demandé de revoir les études. Revenir devant le public avec le même terminus et une mise en service repoussée à 2040, c'est reprendre un dossier déjà recalé.
Sources
- Métro 1 : le projet de prolongement vers Val-de-Fontenay fait débat, L'info durable (2026)
- Métro ligne 1 – La concertation préalable est officiellement engagée, Île-de-France Mobilités (2026)
- Métro 1 – Prolongement Château de Vincennes – Val de Fontenay : calendrier et coûts, Île-de-France Mobilités (2026)
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