Approuvez-vous l'attribution du prix Sakharov 2026 à la Cour pénale internationale ?
· Europe et international
Le Parlement européen a décerné le 22 octobre son prix Sakharov pour la liberté de l'esprit à la Cour pénale internationale, visée par des sanctions américaines.
Le contexte
Le jeudi 22 octobre, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a annoncé dans l'hémicycle de Strasbourg que le prix Sakharov 2026 pour la liberté de l'esprit revenait à la Cour pénale internationale (CPI) et à ses responsables. Le prix doit être remis en décembre, lors d'une session plénière à Strasbourg. « L'Union européenne repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales », a déclaré Roberta Metsola, selon Madar.
La CPI juge des personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide. Elle a notamment délivré en 2024 un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, que Donald Trump dénonce depuis son retour au pouvoir, selon JusticeInfo. Vers le 10 octobre, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Cour, destinées selon JusticeInfo à paralyser son fonctionnement quotidien. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait de la Cour en septembre 2025.
Trois finalistes
La candidature de la CPI avait été proposée par le groupe des sociaux-démocrates, pour qui « soutenir la CPI, c'est soutenir le droit international ». Face à elle, deux autres finalistes : l'opposant tanzanien Tundu Lissu, arrêté en avril 2025 et menacé de la peine de mort pour trahison, et deux sœurs iraniennes, Taraneh et Romina Rahimi, condamnées l'une à mort, l'autre à 36 ans de prison pour avoir manifesté à Ispahan.
Les arguments pour
- Le prix soutient une Cour que des sanctions américaines cherchent à paralyser Vers le 10 octobre, les États-Unis ont annoncé des sanctions destinées, selon JusticeInfo, à paralyser le fonctionnement quotidien de la CPI. Une distinction décernée par le Parlement européen affiche le soutien des élus européens à la Cour face à ces sanctions.
- La Cour a osé viser un Premier ministre en exercice En 2024, la CPI a délivré un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des crimes commis à Gaza, selon JusticeInfo. Le prix récompense une juridiction qui a visé un dirigeant en fonction, par un mandat que Donald Trump dénonce depuis son retour au pouvoir.
Les arguments contre
- Le prix aurait pu distinguer des personnes menacées de mort Parmi les finalistes, Tundu Lissu risque la peine de mort en Tanzanie pour trahison, et Taraneh Rahimi a été condamnée à mort en Iran pour avoir manifesté à Ispahan. Le prix aurait alors distingué des personnes, et non une institution, pour leur combat.
- Distinguer la Cour fait prendre parti au Parlement dans un conflit avec Washington Donald Trump dénonce le mandat d'arrêt visant Benjamin Netanyahu, et les États-Unis ont annoncé en octobre des sanctions contre la Cour. En récompensant la CPI, le Parlement européen prend position dans ce bras de fer au lieu de distinguer une personne qui se bat pour la liberté de l'esprit.
Sources
- Le prix Sakharov 2026 décerné à la Cour pénale internationale, Madar (2026)
- La CPI parmi les trois finalistes du prix Sakharov de l'Union européenne, JusticeInfo (2026)
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